Monter le son !

 

ts juinDeux importantes décisions, l'une par le Conseil constitutionnel, l'autre par un tribunal de Lyon, sont des petits bonheurs auxquels la CNSD peut se féliciter d'avoir contribué. Avec constance, elle a mis tout son savoir pour démontrer et convaincre les décideurs d'aller dans son sens.

 

Ce fut tout d'abord le Conseil constitutionnel qui a enfoncé un coin dans le dogme du tiers payant généralisé voulu par Marisol Touraine. Outre nos reproches de négliger ostensiblement le dossier dentaire, nous n'avons cessé de lui dire combien était délétère ce dispositif auquel nous sommes farouchement opposés. Certes, le tiers payant n'a pas été supprimé pour ce qui concerne la part remboursable par l'assurance maladie obligatoire, mais pour le volet complémentaire, c'est un véritable désaveu qui a été infligé à la ministre. Les Sages du Palais-Royal ont repris les arguments du mémoire de la CNSD, preuve que nous avions bien appréhendé les angles d'attaques. Il faut se réjouir de cette victoire, même si d'autres tentent de s'en approprier les mérites.

L'autre satisfaction vient de la fermeture administrative d'un centre low cost à Lyon. Depuis des années, avec l'Ordre, nous dénoncions les effets pervers de ces structures qui, profitant de la loi HPST, ont créé un modèle économique dangereux pour la santé publique. On ne dira jamais assez le tort que le promoteur de Dentexia a causé à la profession, en formant les praticiens à la rentabilité sans grand souci de la santé des patients, et en mettant ensuite ses théories en pratique via des centres low cost.

 

Aussi réjouissantes que soient ces deux décisions, elles n'éradiquent pour autant pas les dangers qui menacent l'exercice libéral de proximité. Même s'il a pris du plomb dans l'aile, le tiers payant est encore inscrit dans la loi de santé. Nous n'en voulons toujours pas et nous continuerons à le combattre.

 

Les centres low cost continuent de s'implanter. Nous persisterons à nous y opposer sans relâche pour faire comprendre :

  • aux politiques de notre pays et de l'Union européenne que la santé n'est pas une marchandise et que si nos professions sont réglementées, c'est avant tout pour protéger les patients,
  • aux associations de consommateurs, que le low cost finit inexorablement par détruire la qualité et les services,
  • aux établissements assuranciels, que nous ne sommes pas des exécutants à la solde de la finance et que la gestion du risque santé n'a rien à voir avec le secteur marchand.

 

La CNSD ne se laissera pas embarquer dans des logiques économiques aux effets pervers.

 

La vérité de l'exercice libéral de terrain, c'est une pathologie, un patient et un praticien pour traiter, soulager ou prévenir. Le chirurgien-dentiste accepte ses obligations envers ses patients mais il n'accepte plus cette logique destructive qui décourage les jeunes à l'installation et précipite les séniors vers la sortie. La CNSD a toujours porté ces messages et montera le son, s'il le faut, pour se faire entendre par tous !

 

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