Marisol, NON !

 

thierry soulie sept15La CNSD a toujours assumé sa responsabilité de syndicat conventionniste en s’inscrivant dans une politique de santé publique d’accès aux soins.


C’est cet équilibre entre solvabilisation et libertés tarifaires qui a permis d’accompagner les évolutions technologiques, et à nos structures de progresser et de dispenser des soins de qualité en toute sécurité à nos patients. Empêché par les gouvernements successifs, cet équilibre a fini par s’essouffler, tant et si bien que le système atteint aujourd’hui ses limites.


Ce n’est pourtant pas faute de l’avoir dit. En 1988 déjà, la CNSD avait proposé un plan d’urgence…en vain, nos politiques ayant fait le choix de l’autisme, et de fermer les yeux !


Les négociations conventionnelles entamées en septembre 2016 laissaient entrevoir la volonté de trouver enfin un début de réponse au problème, à savoir une augmentation significative des soins opposables assortie d’une régulation raisonnée d’actes à entente directe. Stupéfaction, au lieu de cela, nous avons eu droit à des plafonds, à des niveaux pénalisants, en échange de revalorisations ridiculement basses.


La CNSD a été jusqu’au bout pour tenter de trouver un accord présentable mais, à un moment, il faut savoir dire stop ! La CNSD a su dire NON au texte liberticide en quittant la première la table des négociations, imitée d’abord par la FSDL et ensuite par l’UD.


La CNSD ne sera jamais le syndicat qui enfermerait la profession et les générations futures dans un étau dont elle l’a affranchi d’abord en 1991, puis en 2006 en obtenant la reconnaissance des espaces de liberté !


La CNSD défend l’accès aux soins mais ce qui est proposé ne l’est pas ! Une politique d’accès aux soins, c’est augmenter les bases de remboursement des actes à entente directe inchangées depuis 29 ans. Cela ne consiste pas uniquement à plafonner aveuglément, sinon c’est une politique culpabilisatrice de revenus qui est faite, assortie d’une communication à visée électoraliste. C’est aussi l’aveu d’une tentative de réparation d’une erreur qui consiste à compenser par le plafonnement, le déficit de prise en charge par les mutuelles à la suite de l’instauration de la complémentaire santé obligatoire. Ce qui revient à ajouter une erreur à une erreur !


Après la Loi Le Roux et la désastreuse politique des réseaux de soins, après la collaboration passive à l’installation des centres low-cost ayant abouti au scandale sanitaire Dentexia, après le silence coupable et consentant sur les pseudo formations Pessoa/Le Clesi, après l’usine à gaz du tiers payant généralisé obligatoire, voilà qu’est instauré une règle d’exception à l’encontre des chirurgiens-dentistes libéraux avec le règlement arbitral. Trop c’est trop ! Après 5 ans de mépris et de coups tordus, la CNSD a décidé de lancer une grande manifestation pour dire « ça suffit ! » le 3 mars.


Elle a spontanément reçu l’appui de la FSDL, de l’UD, des étudiants et des internes en odontologie : c’est ensemble que nous organiserons cette action.


Mais il n’y aura pas que les chirurgiens-dentistes à défiler. Le 3 mars c’est toute la filière dentaire qui sera dans la rue. Car le règlement arbitral concocté par Marisol Touraine aura des incidences en termes d’emploi : les assistant(e)s dentaires viendront exprimer leurs craintes. Les investissements seront également affectés : les fournisseurs et les industriels du secteur seront aussi à nos côtés.
Tout comme nos prothésistes qui craignent la fuite des travaux hors de nos frontières. Toutes ces structures de soins non délocalisable, tous ces laboratoires, toutes ces entreprises de proximité, toute cette activité constituent un maillon citoyen essentiel et un amortisseur social irremplaçable.


Toutes et tous viendront dire à Paris le 3 mars :


« NON à la destruction massive de la filière dentaire programmée, administrée et imaginée par la ministre de la Santé »

« Marisol, NON ! »

 

Dr Thierry Soulié
Secrétaire général

 

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