Nous ne lâcherons pas !

 

cm aout2014 2Elle ne manque pas d’air notre ministre de la Santé. Jeudi 9 mars au soir, par une communication diffusée à tous les médias, elle annonce qu’elle approuvera le règlement arbitral rédigé par Bertrand Fragonard, ce qui ne nous a pas surpris. Mais en plus, au moyen de quelques exemples dignes de la propagande d’un autre âge, elle tente de démontrer à quel point les évolutions contenues dans le texte seront favorables pour les patients, mais aussi pour les chirurgiens-dentistes dont elle ne s’est jamais préoccupée, sinon pour saboter leur exercice.

 

Pourtant, la démagogie de la communication ministérielle basée sur des exemples improbables et des calculs inexacts a eu des répercussions auprès des journalistes. Dès le lendemain, ils nous assaillaient de questions sur la raison de notre rejet de ce règlement arbitral « si bien pour les patients » puisqu’il limitait le reste à charge en faisant « baisser les prix des prothèses » !
Discours tellement facile et réducteur ; quand on veut tuer son chien…

Ceci démontre une nouvelle fois à quel point nos messages sont difficiles à faire passer et à quel point ils peuvent être inaudibles de la part de personnes qui ne voient en nous que des privilégiés, insensibles aux difficultés de nos patients, refusant de baisser nos revenus pour améliorer l’accès aux soins. Il est d’ailleurs étonnant de constater que les mêmes qui revendiquent toujours des augmentations de salaires (nous ne les contestons pas), s’accordent assez unanimement pour faire porter sur les autres les efforts qu’ils n’accepteraient pas s’ils leur avaient été imposés.

 

Nous sommes inondés de courriers de la part de confrères révoltés par les articles et les reportages à charge. Ils nous font part de leurs craintes, et même de conseils en tous genres : avec des prises de positions aussi diverses que contradictoires, sur les actions que nous devrions entreprendre telles que le déconventionnement massif, la fermeture longue de cabinets, des grèves de télétransmission… Nous espérons juste qu’ils suivront les mots d’ordres que nous lancerons.

 

Car il est un paradoxe qui nous interpelle !
Ce foisonnement de réactions démontre que la blessure devant les attaques est profonde, qu’il y a beaucoup d’incompréhension et une grande peur de l’avenir voire même une perte de confiance ! Mais alors, pourquoi seulement 10 000 manifestants à Paris le 3 mars ? Pourquoi seulement un cinquième des praticiens à crier sous les fenêtres de Marisol Touraine que son funeste projet nous n’en voulions pas ?

 

Nous connaissions son inflexibilité et nous savions qu’en refusant l’avenant n°4, nous nous exposerions à un règlement arbitral encore plus tordu. Mais nous assumons totalement notre décision, car en dépit des évolutions favorables pour certains confrères, nous avions compris que nous allions vers une nouvelle situation de blocage, à cause des clauses de sauvegarde restrictives et faute d’indexation des plafonds.

 

Nous combattrons donc ce texte par tous les moyens. Sur le terrain juridique dès sa publication. Sur le terrain politique où nous avons déjà rencontré les candidats à la présidence de la République, leurs équipes et les futurs parlementaires afin qu’ils prennent l’engagement de supprimer ces mauvaises dispositions. Sur le terrain où seule et/ou avec les autres syndicats et les étudiants, la CNSD continuera le combat. Et sur celui de la communication pour redorer notre image écornée ces derniers temps par cette ministre qui nous a fait tant de mal ! Notre détermination est totale, nous ne lâcherons rien !

 

Dr Catherine Mojaïsky
Présidente confédérale
@chmjsk

 

Site développé par Médialis