Carton rouge à l'arbitre

 

thierry soulie sept15Le règlement arbitral n’est rien d’autre qu’un coup d’arrêt au système conventionnel. Fondé sur la solidarité et le partenariat, ce système a permis à des millions de personnes de se faire soigner et à des milliers de praticiens d’exercer leur profession.
Aujourd’hui il est totalement remis en cause. Il y avait un avant, il y aura un après règlement arbitral !


Carton rouge donc à l’arbitre et à ce texte d’exception concocté avec l’aval ministériel. Car si l’honnêteté intellectuelle de l’homme ne saurait être mise en cause, il n’en est pas de même de l’impartialité qui aurait due être la sienne en la matière. Nous savions pertinemment qu’en refusant de signer l’avenant n°4 à la Convention, nous nous exposerions au couperet d’un règlement arbitral moins favorable.


Ce choix, nous l’avons fait sciemment et en toute responsabilité, car le texte proposé ne répondait pas à l’objectif que nous nous étions fixés ; redonner du sens au partenariat avec un effort partagé et des engagements réciproques raisonnés et raisonnables. Or, nous étions loin du compte de l’équilibre recherché entre l’effort demandé à la profession et les investissements de l’Uncam, censée satisfaire la double problématique de l’accès aux soins de nos patients et de l’assurance que les praticiens puissent y répondre.


Suite à notre refus de signer, c’est une véritable « punition » que Marisol Touraine inflige à la profession. Tout d’abord au moyen d’une communication politique à charge, où elle a choisi de faire du « dentiste bashing » en faisant croire que la solution consistait à plafonner le remboursement prothétique, et en imposant agressivement ce règlement arbitral. Comme si les chirurgiens-dentistes étaient coupables d’une faute qui doit être sanctionnée.


Mais de quelle faute sont-ils donc coupables ? Celle d’avoir accepté de soigner leurs patients au moyen d’actes de soins opposables trop chichement rémunérés ? Celle d’avoir accepté de soigner les patients les plus démunis avec des tarifs de prothèses et d’orthodontie imposés à des valeurs inférieures à leur pratique habituelle ? Non, tout cela est considéré comme « normal », alors que c’est justement là que se situe le cœur du problème qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de traiter. La faute qui nous est reprochée, c’est de faire vivre notre activité sur la liberté concédée en échange de la contrainte des actes plafonnés, c’est d’avoir pris l’oxygène là où nous n’avions pas le choix de le faire. La faute que nous avons commise, c’est de nous être opposés au dogme ministériel, d’avoir dit que nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions, que nous voulons travailler autrement, avec des techniques modernes, selon les données acquises actuelles et futures, et que ce n’est pas en maintenant le joug sur une profession qu’on lui permet d’avancer.


Carton rouge, Monsieur Fragonard, car nous vous avions averti du danger de figer une profession en lui imposant une maîtrise comptable et des blocages qu’aucune entreprise n’est en mesure d’accepter… Et le pire, c’est que vous l’avez reconnu. Pourtant, vous n’en avez tenu aucun compte en écrivant ce règlement arbitral mortifère.


La CNSD n’en restera pas là.


Comme on ne maintient pas les peuples éternellement sous la contrainte, on n’obligera pas indéfiniment une profession à donner ce qu’elle ne sera plus en mesure de donner. Nous combattrons donc sur le terrain juridique et sur celui de la communication auprès de nos patients qui s’apercevront vite du côté délétère de ce texte.
Ainsi qu’auprès des politiques en les appelant d’ores et déjà à prendre leurs responsabilités une fois élus, et les amener à revoir ce règlement et leur vision de la médecine bucco-dentaire. Certains nous ont déjà répondu, d’autres pas de manière assez claire, nous saurons nous en souvenir et nous lancerons des actions pour le leur rappeler.

 

Mais en attendant, carton rouge !

 

Dr Thierry Soulié
Secrétaire général

 

 

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