Et maintenant... par Thierry Soulié

 

tsoulie avr17 homeIl y a cinq ans, le futur ex-président de la République affirmait que « le changement, c’est maintenant ». Il appartiendra aux historiens de dire si changements il y a eu et lesquels. Pour notre discipline, les blocages persistent et les contraintes n’ont jamais été aussi prégnantes.


Avec en prime, un déni de concertation et une diarrhée de textes règlementaires dont on n’a, hélas, pas fini de mesurer les néfastes effets. Son bilan est calamiteux, et son action se résume en une suite ininterrompue d’embûches qui n’ont fait que complexifier les choses, là où les promesses avaient suscité quelques espoirs…


Sans grande illusion, toutefois. À l’identique de la politique de ses prédécesseurs, le changement est loin d’avoir été efficient !


En tenant compte des mutations induites par la révolution numérique et le constat d’impuissance, il ne faut guère s’étonner de la disqualification dès le premier tour de l’élection présidentielle des deux partis qui se partageaient le pouvoir depuis plus d’un demi-siècle. Nous assistons à une véritable recomposition du paysage politique national car les Français attendent autre chose, même si certaines promesses sont irréalistes, pour ne pas dire suicidaires… De ce point de vue, rien n’a changé !

 

Et la CNSD ? Elle aussi a connu le revers électoral qui touche ceux qui sont en situation majoritaire. Et ce, malgré une politique qui « n’avait pas que des défauts », qui protégeait les praticiens des aléas d’un monde de plus en plus « ubérisé » et dont de nombreux praticiens aperçoivent aujourd’hui les limites d’une « autre » politique. C’est avec humilité et lucidité que nous reconnaissons que les conventions et contrats tels que nous les avons connus, sont à bout de souffle et qu’il est temps de repenser le système. Nous avons donc tiré les enseignements de nos échecs sans renier les principes fondateurs de notre syndicat qui reste « génétiquement » ancré dans une philosophie qui ne dissocie pas l’intérêt des patients de celui des praticiens, et qui s’inscrit dans une politique d’accès aux soins.

 

La CNSD est apolitique et a toujours refusé de prendre parti. Mais elle ne s’interdit pas de prendre position dès lors qu’elle le juge utile.


Profondément démocratique, elle milite pour une économie de marché qui concilie l’exercice libéral avec une fibre sociale. Le libéralisme n’a de sens que s’il est régulé, et le volet social ne peut être assuré que si le facteur économique est respecté. Ces deux principes ont été enfreints par le gouvernement sortant qui a contraint arbitrairement la liberté des chirurgiens-dentistes, ce qui a abouti à une limitation du contrat social.

 

Quel(le) que soit le ou la président(e) élu(e) dimanche, et quelle que soit la majorité qui sortira des prochains scrutins, nous mettrons toujours en avant le principe d’accès aux soins de nos patients. Nous leur devons le meilleur des traitements possibles dans le respect d’un humanisme social qui concilie économie et liberté thérapeutique. Il n’y a rien de dogmatique dans ces propos, le socialisme comme le libéralisme dans ce qu’ils ont de doctrinaire, ne répondront jamais au problème posé. La régulation peut se comprendre, mais en l’absence de financements suffisants, elle ne peut se concevoir sans ouverture de plages de liberté, y compris sur des actes aujourd’hui contraints.

 

Nous entrons dans une nouvelle ère politique, ce message clair, la CNSD est prête à le porter et le fera savoir à qui de droit.

 

Dr Thierry Soulié
Secrétaire général

 

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