Construire l'avenir

 

cm aout2014 2Monsieur le Président de la République, les chirurgiens-dentistes viennent de vivre cinq années de mépris sans précédent pendant lesquelles ils n’ont jamais rencontré leur ministre de tutelle. Cinq années conclues par une destruction brutale de l’esprit conventionnel à des fins d’instrumentalisation politique. C’est donc une nouvelle page dans les relations entre les chirurgiens-dentistes et les pouvoirs publics qu’il va falloir écrire.

 

Le 7 mai, vous avez obtenu un score sans appel et nombre de chirurgiens-dentistes y ont contribué : mais ce n’est en aucun cas un blancseing accordé à l’ensemble de vos propositions.

 

Pendant la campagne électorale, la CNSD vous avait interrogé sur votre vision de la médecine bucco-dentaire et vous aviez pris le temps de répondre : certaines réponses, telles la volonté de renouer le dialogue avec une profession assommée par un règlement arbitral destructeur, ou la promotion de la prévention, nous apparaissent positives. D’autres méritent explications et clarifications. Enfin, certaines nous inquiètent.

Et en premier lieu, l’annonce de la prise en charge à 100 % des prothèses dentaires.
Comment ? En favorisant la mise en concurrence… entre les chirurgiens-dentistes ?
Les complémentaires santé ? Monsieur Macron, la médecine bucco-dentaire ne peut être exercée comme un commerce... ce que vous affirmez par ailleurs. Alors, oubliez un scénario qui ne prendrait en compte que l’aspect tarifaire au détriment de la qualité, de la sécurité et du libre choix !

 

Le reste à charge bucco-dentaire représente aujourd’hui environ 2,5 milliards d’euros… cela pourrait laisser supposer que vous auriez cette somme à investir dans le domaine dentaire, mais est-ce le cas ?

 

Car il va de soi que cette partie, qui correspond à une insuffisance ou à une absence de prise en charge, ne pourra pas être passée au rayon des pertes dont devrait s’acquitter la profession.


Certes, et nous vous le réitérons, il est indispensable de revaloriser les soins précoces et les actes de prévention, mais vous devrez aussi investir, comme nous l’avons défendu, dans les nouvelles techniques alternatives à la prothèse.
Éviter aux patients d‘en arriver à la prothèse est un véritable défi… saisissez-vous en !


Vous prônez le tiers-payant généralisable… il va falloir vous expliquer sur la différence qu’il y a avec le tiers-payant généralisé obligatoire de madame Touraine que nous refusons car il nous impose des contraintes insupportables sans améliorer l’accès aux soins.

 

L’Europe ? Nous la défendons. Mais elle n’a pas que des aspects positifs : la libre circulation sans contrôle ni régulation a commencé à montrer ses limites. Si l’inégalité de la qualité de formation des professionnels de santé entre les pays perdure, c'est la santé de nos patients qui sera en danger. Le principe de subsidiarité doit, quant à lui, être préservé pour tout ce qui concerne la santé et son financement.

 

Monsieur le Président, vous vous présentez comme le chantre de la rupture… chiche ! Les chirurgiens-dentistes sont prêts à construire avec vous la médecine bucco-dentaire de demain… mais ne commettez pas l’erreur de la faire sans eux !

 

Dr Catherine Mojaïsky
Présidente confédérale
@chmjsk

 

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