Négociation ou palabres ?

 

tsoulie avr17 homeDeux sujets, deux options, deux étaux ! L’un concerne la reprise de la négociation conventionnelle, l’autre les réseaux de soins dont l’IGAS vient enfin de mettre en ligne un rapport les concernant.

 
Il y a un an, nous entrions en négociation conventionnelle selon les orientations fixées par Marisol Touraine qui, dans le même temps, inscrivait dans la loi un règlement arbitral (RA) en cas d’échec. Nous connaissons l’histoire.
Aucun accord n’ayant été trouvé, le règlement arbitral a été mis en place au 1er avril 2017.


Bronca de la profession, changement de gouvernement. Agnès Buzyn, successeur de Marisol Touraine, nous recevait en juillet, et repoussait d’un an les dispositions délétères de ce texte. Mais elle nous faisait part, à son tour, de ses orientations pour la négociation conventionnelle version 2… avec des objectifs sensiblement identiques à la précédente.


Autrement dit, pour sortir de l’impasse, un seul moyen : trouver un accord !


Bien qu’elle soit tripartite (Uncam, Unocam, syndicats représentatifs de la profession), la convention est en quelque sorte la « chasse gardée » de l’Assurance maladie et du gouvernement, qui tirent les ficelles. Mais, s’il est un domaine du ressort des complémentaires, c’est bien celui des réseaux de soins où il est également question de reste à charge et de régulation tarifaire. Autre vision du plafonnement des prothèses vu sous l’angle de la concurrence.


Deux schémas, deux philosophies, pour un seul et même objectif : faire baisser les honoraires au nom de l’accès aux soins pour l’un et de la gestion du risque pour l’autre. Inutile de tourner autour du pot, quel que soit le modèle, ils ont inscrit les plafonnements des honoraires dans le paysage dentaire. Si ses dispositions ont été repoussées d’un an, nous sommes toujours sous règlement arbitral, et les réseaux de soins sont toujours en place.


Dès lors, deux attitudes possibles : faire preuve de lucidité et accepter l’évidence, ou la nier et faire l’autruche en leurrant les confrères à grand coup de menton au nom d’un syndicalisme autoproclamé combatif, sans espoir d’une once de solutions, bien au contraire : « fiers à bras » = RA, « no négo » = réseaux !

 

Alors que faire ? Négocier !


Que n’avons-nous pas entendu sur ce mot !
Lâcheté, collaboration, voire capitulation, autant de termes guerriers pour stigmatiser celles et ceux qui n’ont eu de cesse de chercher le meilleur compromis afin de tirer la profession vers le haut. Cela demande, en fait, plus de courage que de palabrer sur les réseaux sociaux.
Qui est capable d’expliquer les véritables enjeux en respectant l’intelligence de chaque chirurgien-dentiste sans démagogie ? Qui peut raisonnablement penser que la politique, qui a imposé les plafonds, puisse revenir dessus ?


En revanche, nous avons le devoir de dire aux politiques ce qu’il est impossible d’accepter, et leur faire comprendre qu’en dessous d’un certain niveau, on touche à la qualité et à la sécurité des soins.


Il est dans la culture de la CNSD de tenter d’obtenir les meilleures conditions d’un exercice qui ne dissocie jamais les intérêts des praticiens de ceux de leurs patients.


Le gouvernement a fait preuve d’ouverture mais aussi de fermeté en permettant le dialogue.
C’est dans ce même esprit que nous abordons cette négociation. Nous espérons une issue positive, mais nous affirmons aussi que, tout comme nous ne cautionnerons jamais les réseaux de soins non négociés, nous ne signerons pas n’importe quoi au seul motif de sortir du RA.


On ne peut être plus clair !

 

Dr Thierry Soulié
Secrétaire général

 

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