Le sens des choses !

 

thierry soulie sept17Il y avait matière à se mobiliser et, en ce sens, la semaine de fermeture des cabinets dentaires n’est pas passée inaperçue et n’a pas été inutile. Même si la ministre de la Santé a feint de ne pas être au courant ! Au début seulement, car elle n’a pu ignorer les nombreuses coupures de presse nationale et régionale, ni les échos sur les ondes et sur les réseaux sociaux, désormais vecteurs incontournables de communication.


Il est cependant regrettable qu’un des trois syndicats représentatifs de la profession qui, pour d’obscures raisons, préfère « attendre de voir comment se déroulent les négociations » avant d’agir, n’ait pas participé à cette action.
Étrange attitude quand on sait qu’il est toujours préférable d’anticiper, et en totale contradiction avec celle d’il y a un an lorsqu’il fallait « à tout prix » que la CNSD rejoigne une action de rue improvisée devant les grilles de la Cnamts, alors que nous étions, là aussi, en pleine négociation dont nous ne connaissions pas l’issue. Allez donc savoir pourquoi ce qui était bon en 2016 ne l’est plus en 2017 !


Dommage ! Cela s’appelle un acte manqué, certains diraient même « un abandon de poste », où l’unité tant prônée par ce même syndicat est battue en brèche. Leur décision de ne rien faire est même en mesure de compromettre des actions communes futures, car comment accorder crédibilité à des paroles et des actes si contradictoires ? Ce double langage qui s’ajoute à celui qui consiste à caresser les confrères dans le sens du poil, à leur raconter des histoires qu’ils aimeraient entendre, et à faire passer ses « concurrents syndicaux » pour des irresponsables coupables de collusion avec les pouvoirs publics, a quelque chose de déroutant, de dérangeant à bien des égards, pour ne pas dire d’insultant par moment.


Le combat, le vrai, ne consiste pas à jouer les fiers-à-bras devant un public acquis à sa cause.
Le vrai combat consiste à comprendre les enjeux et de faire au bon moment et au bon endroit des propositions constructives qui permettent à la profession de tirer le meilleur parti de la situation.


Beaucoup de confrères, qui s’étaient mobilisés au printemps, semblent avoir oublié que le règlement arbitral qui les avait fait sortir de leurs gonds est toujours en vigueur. Celui-ci n’a pas disparu, seules ses dispositions tarifaires ont été repoussées… d’un an ! En cas d’échec de la négociation, elles s’appliqueront au 1er janvier 2019. Si par malheur cette hypothèse se vérifiait, nous n’aurions plus guère de solutions pour sortir de l’impasse de ce texte qui serait alors gravé pour des années dans le marbre de la loi. Cela ne signifie pas pour autant que nous allons signer au seul motif de rejeter le règlement arbitral. Mais ce dernier n’étant pas abrogé, l’action de fermeture d’une semaine des cabinets, décidée au printemps, conservait toute sa légitimité, négociation en cours ou pas.


Il n’y avait donc aucune incompatibilité à dire et redire devant les médias les problèmes rencontrés par notre profession et à porter un discours qu’ils semblent enfin entendre à la lecture des articles parus. Sans faire miroiter des rêves qui n’ont pas lieu d’être, conscients que le grand soir dentaire ne sera pas pour demain et sans tirer des plans inconsidérés sur la comète, nous avons quelques espoirs de faire évoluer les choses dans le bon sens, dans un processus nouveau qui permette la transition d’une chirurgie dentaire qui a fait ses preuves vers une médecine bucco-dentaire plus moderne et d’avenir pour les générations qui arrivent.


C’était le sens de cette action, c’est dans ce sens qu’elle fut réussie !

 

Dr Thierry Soulié
Secrétaire général

@thierrysoulie

 

 

 

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