« Je vous parle d'un temps... »

 

cm aout2014 1Dans le village de mes grands-parents, il y avait deux boulangeries, trois épiceries, une boucherie, un hôtel-restaurant, deux cafés, une quincaillerie, un garage-station-service... Le prix du pain, comme celui des produits de première nécessité, était alors réglementé (ce n'est que dans les années 80 que le prix du pain a été libéré). Aujourd'hui, dans ce village, il n'y a plus qu'une boulangerie et un « omnicommerce » subventionné par la mairie. Et en France, désormais, une commune sur deux ne dispose plus d'aucun commerce de proximité.

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Depuis le temps qu'on le dit !

thierry soulie sept15Une dépêche nous apprend, à la suite du rapport d’audit réalisé par la Mutualité Française, la détérioration croissante de la trésorerie de 40 centres appartenant à l'Union territoriale mutualiste d'île-de-France. Avec, pour conséquence, un risque « très élevé de cessation de paiement au plus tard en juillet 2016 ». Diable !

On ne tire pas sur une ambulance mais force est de constater que ce que nous disons depuis des lustres se vérifie encore une fois. À savoir, que le mode économique de ces centres n’est pas adapté aux exigences de la médecine bucco-dentaire et que la meilleure réponse à l’accès aux soins est apportée par les structures libérales. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plus de 90 % des actes bucco-dentaires sont réalisés par des praticiens libéraux qui n’ont plus à faire la démonstration de leur efficacité, voire de leur « productivité ».

Mais tout ne se résume pas à des gains de productivité !

Quel que soit le modèle économique de la structure, aussi optimisée soit-elle, la gestion ne pourra à elle seule assurer de manière pérenne l’équilibre économique sans valorisation juste des actes opposables. Déjà fragilisés par leur modèle économique, les centres mutualistes souffrent aussi de ces insuffisances et finissent par accumuler de lourds déficits, compensés par leurs tutelles.

Mais ce n’est pas tout ! Le rapport met également en cause le coût de gestion du tiers payant qui serait « prohibitif ». Ce qui met en lumière cet aspect sciemment passé sous silence par tous ceux qui voient dans le tiers payant LA mesure sociale des prochaines années. Nous affirmons que cette mesure non seulement ne résoudra pas le problème d’accès aux soins mais au contraire créera plus de problèmes qu’elle n’apportera de solutions.

Encore une fois, au nom de dogmes idéologiques, notre pays démontre qu’il est passé maître dans sa capacité à inventer des « machins » que l’Histoire se charge pourtant bien souvent de remettre en cause. En ce qui concerne le tiers payant généralisé, on se heurtera à un moment ou un autre à la question de savoir sur qui retombera le coût de gestion. Qui va payer ? Car, au-delà de tout ce qu’on a pu dire sur la complexité supplémentaire pour les praticiens, de l’absence de garantie de paiement, de l’éclatement des flux de gestion, des effets collatéraux en termes de choix thérapeutiques, de la dilution de la relation de confiance patient/praticien, etc., le tiers payant n’est pas neutre économiquement. Et, alors que notre pays croule sous les dettes, cet aspect est volontairement éludé ce qui démontre que quand on veut faire passer une mesure, on fait en sorte que seuls les avantages soient mis en avant. La crise des centres de santé (les vrais !) apporte de manière cinglante la démonstration que cette machine intermédiaire entre le patient et le praticien coûte cher, très cher !

Rien n’est jamais gratuit ! Présenté comme un service et un droit pour le patient, c’est une image en trompe l’œil qui leur est « vendue », car ce sont eux au bout du compte qui paieront une partie de la note. Et les professionnels de santé, le reste.

Nous n’avons pas toujours entretenu des rapports de franche camaraderie avec les centres mutualistes. Mais nous ne nous réjouissons pas de leurs difficultés car si elles leur incombent en grande partie, elles sont aussi dues à des paramètres qui touchent également les cabinets libéraux.

Les soins opposables sous-valorisés et le tiers payant qui les impactent tout autant que nous, libéraux, sont autant de facteurs à même de compromettre l’accès aux soins.

Les décideurs, quels qu’ils soient, et avec eux les associations de consommateurs, ont-ils vraiment conscience de cela ? Pas si sûr !

Alors, on le répète, mais depuis le temps qu’on le dit !

 

 

THIERRY SOULIÉ
Secrétaire général
@thierrysoulie

No négo... no future

 

cm aout2014 1Il est des slogans qui claquent tel « No négo ». Mais, dès qu'on creuse un peu, on constate que cet affichage guerrier masque un vide sidéral tant en termes de combativité que d'idées.

Le « No négo », c'est avant tout le refus du dialogue et de l'échange. C'est la certitude d'avoir toujours raison validée par le refus de la confrontation d'idées. C'est le martelage de slogans simplistes et répétitifs qui finissent par s'ancrer dans les esprits.

 

Le « No négo » masque une absence de projets, de propositions et de stratégies. Quand on n'arien de nouveau à dire, pas d'arguments à opposer, il est plus simple de refuser la discussion. Quand on ne sait pas où on va, il est probable que l'on n'arrive nulle part.

 

Le « No négo » vise à camoufler l'absence de relais locaux capables d'aller au contact des multiples interlocuteurs, au prix d'heures de réunions et autant d'heures de préparation et demontage de projets.

 

Le « No négo », c'est le syndicalisme de réseauxsociaux que l'on peut pratiquer de chez soi sansavoir à s'investir.

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C'est quoi ce foutoir !

 

thierry soulie sept15Le feuilleton le Clesi/Pessoa, qui s’éternise depuis des mois, confirme les doutes que nous avions quant à la volonté ou à la capacité du gouvernement à faire appliquer la loi «Fioraso», à savoir : faire fermer les deux établissements du Var et de l’Hérault qui ne se sont pas mis en conformité avec les exigences du texte législatif en vigueur auquel nous avons contribué.

Dès le début, nous savions ce dossier épineux, pour ne pas dire «pourri», parce que :

 

  • La tentation est grande de livrer une part de la formation professionnelle universitaire, dont on connaît les difficultés en termes de moyens, aux capitaux privés.
  • La libre circulation des personnes, des biens et des diplômes est désormais la règle, dans un espace européen partagé.
  • L’implantation d’une unité de formation représente pour les élus locaux une activité économique toujours bonne à prendre.
  • La préoccupation de certains élus en matière de démographie des professionnels de santé peut trouver des réponses dans des raccourcis aussi faciles qu’inefficaces tels que l’augmentation du nombre d’étudiants.

 

Et aussi parce qu’il est difficile par les temps qui courent de faire respecter la loi quand d’autres dossiers semblent plus « chauds » et qu’il y aura toujours quelqu’un pour reprendre ces idées et les mettre sur la place publique de manière détournée sans aller au fond des choses. Sans parler d’autres raisons à peine avouables... Voilà pourquoi notre pays qui marche au sondage d’opinion et surfe sur la sensiblerie conserve des situations ubuesques qu’il laisse traîner en longueur jusqu’au pourrissement et, pourquoi pas, jusqu’à l’oubli !

 

Eh bien, n’en déplaisent à certains bien-pensants, nous n’oublions rien et rappellerons toujours certaines valeurs et certains principes !

 

Le fait d’être membre de l’Union européenne n’exonère pas les pays d’une souveraineté en matière de santé et d’une régulation de la formation professionnelle. La dimension démographie ne se résume et a fortiori ne se résout pas au simple fait d’ouvrir deux antennes de formation, lesquelles ont profité d’un vide juridique pour s’installer en France, qui plus est, dans des régions où il ne manque pas de praticiens. L’économie et l’emploi ne doivent pas servir de prétexte au maintien de structures non conformes. Nous ne sommes pas opposés à la coexistence de structures d’enseignement publiques et privées, à condition que les règles en matière de sélection et de cursus universitaires soient respectées.

 

Cela fait désormais plus d’un an que le Clesi doit apporter la preuve de sa mise en conformité avec la loi Fioraso et neuf mois que le délai a expiré. Or nous apprenons qu’il continue son activité frauduleuse en accueillant de nouveaux étudiants qui vont se trouver comme leurs prédécesseurs dans une situation bien inconfortable, coincés entre la promesse d’un diplôme et l’incertitude de sa reconnaissance. Nous sommes dans un cas d’escroquerie manifeste que le gouvernement, dans son obstination à faire semblant de ne rien voir, entretient de manière délétère.

 

Personne ne trouvera son compte dans cette histoire : ni les « étudiants » qui, par ce laisser-faire, sont victimes d’une tromperie, ni la santé publique car rien ne garantit la qualité de l’enseignement, ni la République qui ne se fait pas respecter et laisse s’installer sur son sol deux types de praticiens, ceux qui seront passés par la sélection au mérite et ceux qui l’auront contournée par l’argent.

 

C’est parce qu’on laisse de telles situations s’enliser et des personnes bafouer les lois que nous disons aux rectorats et ministères concernés : « il y en a assez de ce foutoir nauséabond ! »

 

THIERRY SOULIÉ
Secrétaire général

 

 

Effet papillon

« Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut- il provoquer une tornade au Texas ? » Cet exemple a démontré ses limites scientifiques mais, en ce qui concerne les actions de nos politiques, il est bien fondé. Pas un jour ne se passe sans qu’on ne constate des effets collatéraux pervers ou déviants induits par des lois, des accords, des décisions. Et le domaine de la santé est particulièrement touché.

 

cm-2012-cnpsLa loi HPST est un modèle du genre. La loi de santé actuellement en discussion en sera un autre. Elles ont été écrites par des bureaucrates éloignés du terrain. Elles sont portées par des politiques dogmatiques, farcis de certitudes et adeptes de la méthode Coué. Elles sont rejetées par les acteurs de terrain dont les propositions ne sont pas écoutées et les mises en garde pas entendues.

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Une lucidité venue du passé

 

cm aout2014 2Il y a 80 ans, lassés des bagarres entre associations regroupant des dentistes, conscients que seule l’union pouvait rendre forts, nos aînés créaient la CNSD. Son premier président, Maurice Vincent, écrivait dans l’édito du premier Dentiste de France :


« La CNSD est à la disposition de tous : ainsi elle fortifiera le grand mouvement syndical national que la France professionnelle vient d’enfanter librement. (...).

Et maintenant au travail syndical : Assez de luttes stupides entre confrères : nos adversaires sont en dehors de la profession.

Assez de combats individuels stériles qui paralysent l’action des militants du syndicalisme.

Assez de coupeurs de cheveux en quatre qui voient toutes les questions par le petit bout de la lorgnette.

Assez de polémiques calomnieuses à tendance extraprofessionnelle.

Assez de semeurs de division qui critiquent tout, qui démolissent tout et ne savent pas construire. La profession est enfin outillée : la CNSD est un instrument de travail pour la défense de nos droits et la généralisation de nos devoirs.
Fi des errements du passé. »

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Uber-macronisation de la société

 

cm aout2014 2La récente colère des taxis a mis en évidence la transformation de notre société. Le prétexte « les taxis ne seraient pas assez souriants » a justifié pour certains commentateurs l'ouverture d'une activité protégée à chaque citoyen qui le souhaiterait, sans garantie, sans sécurité, sans protection du consommateur et sans paiement de taxe, ni d'impôts ! Plus largement, on constate que la révolution numérique rompt avec le modèle économique auquel nous étions habitués et bouleverse profondément et durablement nos rapports à la consommation, au travail, à la culture et aux loisirs.

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