Changement d'ère

ts juin3Nous nous sommes quittés fin 2015 sur le résultat des élections URPS qui ont abouti à une nouvelle représentativité syndicale. Clairement, ce fut une défaite pour la CNSD mais, au-delà des causes que nous analysons et dont nous tirerons les leçons, il est important de nous recentrer sur l’avenir et les échéances futures afin de regagner la confiance qui nous a cruellement fait défaut lors de ce scrutin.

 

 

Avant toute chose, il y a deux erreurs à ne pas commettre !

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Le mépris

cm aout2014 1Le projet de loi de modernisation de notre système de santé achève son parcours parlementaire. D’ici la fin de l’année, cette loi sera sans doute définitivement votée et promulguée en janvier, après un passage probable devant le Conseil constitutionnel. La rigidité et l’obstination de la ministre ont prévalu face aux professionnels de santé qui avaient osé réclamer l’inacceptable : une vraie concertation. Elle a bénéficié du soutien aveugle des parlementaires de la majorité qui avaient sans doute besoin de se faire pardonner leur mansuétude face aux lobbys du tabac et de l’alcool.

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Décryptages

cm dec2014Le système social français est basé sur la solidarité : la cotisation est fonction des revenus, la prise en charge est la même pour tous. Sauf dans les secteurs où les tarifs sont libres, induisant de la concurrence. Dans d’autres systèmes, comme aux États-Unis, il n’y a quasi pas d’assurance de base obligatoire : presque tout le système de santé est libre et se trouve donc mis sous la coupe des assureurs privés qui adaptent leurs cotisations aux risques, et imposent les traitements et les opérateurs de soins de leurs assurés. Personne n’a intérêt à une telle dérive chez nous, même si le secteur bucco- dentaire est menacé. En effet, le fait que les assureurs complémentaires soient devenus financeurs majoritaires leur confère une certaine tendance à vouloir dicter leur loi.

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CMU : la poussière sous le tapis

thierry-soulie-1S’il est un dossier hypersensible, c’est bien celui concernant l’application des actes du panier de soins à l’attention des bénéficiaires de la CMU-C,

• pour les patients éligibles à ce dispositif qui doivent pouvoir accéder à des soins que leurs ressources ne leur permettent pas ;
• pour les chirurgiens dentistes qui n’en contestent pas le bien-fondé, même si la rigidité qui a prévalu lors de sa mise en place et l’imposition d’un panier d’actes à des valeurs inférieures à leur pratique habituelle, et pour certains à leur coût de revient, sont restés dans toutes les mémoires ;
• pour les pouvoirs publics qui, au nom de la solidarité nationale, ont mis en place ce dispositif ambitieux en laissant à la charge des chirurgiens- dentistes sa viabilité et qui remettent sans cesse à plus tard les revalorisations indispensables pour que le système perdure ;

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« Je vous parle d'un temps... »

 

cm aout2014 1Dans le village de mes grands-parents, il y avait deux boulangeries, trois épiceries, une boucherie, un hôtel-restaurant, deux cafés, une quincaillerie, un garage-station-service... Le prix du pain, comme celui des produits de première nécessité, était alors réglementé (ce n'est que dans les années 80 que le prix du pain a été libéré). Aujourd'hui, dans ce village, il n'y a plus qu'une boulangerie et un « omnicommerce » subventionné par la mairie. Et en France, désormais, une commune sur deux ne dispose plus d'aucun commerce de proximité.

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Depuis le temps qu'on le dit !

thierry soulie sept15Une dépêche nous apprend, à la suite du rapport d’audit réalisé par la Mutualité Française, la détérioration croissante de la trésorerie de 40 centres appartenant à l'Union territoriale mutualiste d'île-de-France. Avec, pour conséquence, un risque « très élevé de cessation de paiement au plus tard en juillet 2016 ». Diable !

On ne tire pas sur une ambulance mais force est de constater que ce que nous disons depuis des lustres se vérifie encore une fois. À savoir, que le mode économique de ces centres n’est pas adapté aux exigences de la médecine bucco-dentaire et que la meilleure réponse à l’accès aux soins est apportée par les structures libérales. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plus de 90 % des actes bucco-dentaires sont réalisés par des praticiens libéraux qui n’ont plus à faire la démonstration de leur efficacité, voire de leur « productivité ».

Mais tout ne se résume pas à des gains de productivité !

Quel que soit le modèle économique de la structure, aussi optimisée soit-elle, la gestion ne pourra à elle seule assurer de manière pérenne l’équilibre économique sans valorisation juste des actes opposables. Déjà fragilisés par leur modèle économique, les centres mutualistes souffrent aussi de ces insuffisances et finissent par accumuler de lourds déficits, compensés par leurs tutelles.

Mais ce n’est pas tout ! Le rapport met également en cause le coût de gestion du tiers payant qui serait « prohibitif ». Ce qui met en lumière cet aspect sciemment passé sous silence par tous ceux qui voient dans le tiers payant LA mesure sociale des prochaines années. Nous affirmons que cette mesure non seulement ne résoudra pas le problème d’accès aux soins mais au contraire créera plus de problèmes qu’elle n’apportera de solutions.

Encore une fois, au nom de dogmes idéologiques, notre pays démontre qu’il est passé maître dans sa capacité à inventer des « machins » que l’Histoire se charge pourtant bien souvent de remettre en cause. En ce qui concerne le tiers payant généralisé, on se heurtera à un moment ou un autre à la question de savoir sur qui retombera le coût de gestion. Qui va payer ? Car, au-delà de tout ce qu’on a pu dire sur la complexité supplémentaire pour les praticiens, de l’absence de garantie de paiement, de l’éclatement des flux de gestion, des effets collatéraux en termes de choix thérapeutiques, de la dilution de la relation de confiance patient/praticien, etc., le tiers payant n’est pas neutre économiquement. Et, alors que notre pays croule sous les dettes, cet aspect est volontairement éludé ce qui démontre que quand on veut faire passer une mesure, on fait en sorte que seuls les avantages soient mis en avant. La crise des centres de santé (les vrais !) apporte de manière cinglante la démonstration que cette machine intermédiaire entre le patient et le praticien coûte cher, très cher !

Rien n’est jamais gratuit ! Présenté comme un service et un droit pour le patient, c’est une image en trompe l’œil qui leur est « vendue », car ce sont eux au bout du compte qui paieront une partie de la note. Et les professionnels de santé, le reste.

Nous n’avons pas toujours entretenu des rapports de franche camaraderie avec les centres mutualistes. Mais nous ne nous réjouissons pas de leurs difficultés car si elles leur incombent en grande partie, elles sont aussi dues à des paramètres qui touchent également les cabinets libéraux.

Les soins opposables sous-valorisés et le tiers payant qui les impactent tout autant que nous, libéraux, sont autant de facteurs à même de compromettre l’accès aux soins.

Les décideurs, quels qu’ils soient, et avec eux les associations de consommateurs, ont-ils vraiment conscience de cela ? Pas si sûr !

Alors, on le répète, mais depuis le temps qu’on le dit !

 

 

THIERRY SOULIÉ
Secrétaire général
@thierrysoulie

No négo... no future

 

cm aout2014 1Il est des slogans qui claquent tel « No négo ». Mais, dès qu'on creuse un peu, on constate que cet affichage guerrier masque un vide sidéral tant en termes de combativité que d'idées.

Le « No négo », c'est avant tout le refus du dialogue et de l'échange. C'est la certitude d'avoir toujours raison validée par le refus de la confrontation d'idées. C'est le martelage de slogans simplistes et répétitifs qui finissent par s'ancrer dans les esprits.

 

Le « No négo » masque une absence de projets, de propositions et de stratégies. Quand on n'arien de nouveau à dire, pas d'arguments à opposer, il est plus simple de refuser la discussion. Quand on ne sait pas où on va, il est probable que l'on n'arrive nulle part.

 

Le « No négo » vise à camoufler l'absence de relais locaux capables d'aller au contact des multiples interlocuteurs, au prix d'heures de réunions et autant d'heures de préparation et demontage de projets.

 

Le « No négo », c'est le syndicalisme de réseauxsociaux que l'on peut pratiquer de chez soi sansavoir à s'investir.

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