Formation, marchandisation, ubérisation...

 

thierry soulie sept17Le monde bouge à une telle vitesse que les gouvernants, pressés de trouver des solutions aux problèmes, écrivent des lois pour contrôler et éviter de se faire dépasser, ce qui est compréhensible. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est leur précipitation qui a pour conséquence de fréquentes difficultés d’application. Par ailleurs, pour répondre aux difficultés devant lesquelles ils sont impuissants, ils ouvrent le marché, pensant que la concurrence règlera le problème selon le principe de l’autorégulation.


C’est ainsi qu’afin de résoudre le problème des déserts médicaux, et alors que des solutions commencent à produire leurs effets – augmentation du numerus clausus, contrats d’engagement de service public (CESP), mesures incitatives conventionnelles, etc. –, l’État n’a pas empêché l’installation sur notre territoire d’une pseudo antenne d’université portugaise (Le Clesi), venue mettre un coin dans notre système de formation initiale fondé sur un concours qui garantit à la population de futurs chirurgiens-dentistes en mesure de prodiguer des soins de qualité en toute sécurité.

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Parlons Europe

 

cm aout2014 2L’Europe est au cœur de l’actualité. Le président Macron souhaite lui donner un nouveau souffle fédérateur en allant vers encore plus d’intégration. Dans ses propositions cependant, rien sur la santé. Comme si, dans ce domaine, tout allait bien. Pourtant, ces derniers jours, diverses informations sont venues nous rappeler que la libre circulation au sein d’une Europe économiquement inégalitaire et aux systèmes de santé à géométrie variable, pouvait avoir des impacts importants sur notre système de santé.


En Europe, les chirurgiens-dentistes bénéficient d’un diplôme reconnu automatiquement, ce qui leur permet de travailler en toute liberté dans l’ensemble des pays de la Communauté.
Mais, charge à chaque État de garantir la conformité de la formation dispensée aux critères définis dans la directive.
Malheureusement, il n’existe aucun contrôle.

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Négociation ou palabres ?

 

tsoulie avr17 homeDeux sujets, deux options, deux étaux ! L’un concerne la reprise de la négociation conventionnelle, l’autre les réseaux de soins dont l’IGAS vient enfin de mettre en ligne un rapport les concernant.

 
Il y a un an, nous entrions en négociation conventionnelle selon les orientations fixées par Marisol Touraine qui, dans le même temps, inscrivait dans la loi un règlement arbitral (RA) en cas d’échec. Nous connaissons l’histoire.
Aucun accord n’ayant été trouvé, le règlement arbitral a été mis en place au 1er avril 2017.


Bronca de la profession, changement de gouvernement. Agnès Buzyn, successeur de Marisol Touraine, nous recevait en juillet, et repoussait d’un an les dispositions délétères de ce texte. Mais elle nous faisait part, à son tour, de ses orientations pour la négociation conventionnelle version 2… avec des objectifs sensiblement identiques à la précédente.


Autrement dit, pour sortir de l’impasse, un seul moyen : trouver un accord !

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Les « Panous »

 

cm aout2014 2Il est dans notre République française, une tribu particulière surnommée les « Panous » en raison de sa capacité extraordinaire à caresser dans le sens du poil ceux qu’elle rencontre et à renvoyer vers les autres toute la responsabilité des préjudices qui lui sont présentés ! Les syndicalistes expérimentés ont appris à décrypter les dires de ses membres et à faire la part des choses.


Ce n’est pas le cas des novices enthousiastes qui s’émerveillent d’être reçus et prennent pour argent comptant tout ce qu’on leur dit.


Ces « Panous » se recrutent au sein du monde politique, et plus particulièrement chez les parlementaires de tous bords. Il faut cependant noter que c’est dans l’opposition que leur mémoire devient particulièrement sélective, allant jusqu’à oublier leurs actions passées.


C’est également dans l’opposition, quand leur pouvoir d’action est quasi nul, que leurs promesses sont les plus séduisantes.

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Le jeu de l'ultimatum

 

nicolas renouard carousselEn 1982, des économistes expérimentaux – dont le chef de file Daniel Kahneman a reçu le prix « Nobel » d’économie en 2002 – ont décrit, dans la lignée des travaux de John Nash et de sa célèbre théorie des jeux, le jeu de l’ultimatum, concept qu’ils ont beaucoup utilisé pour leurs études.


De quoi s’agit-il ? Prenez deux joueurs. Le joueur A dispose d’une somme d’argent définie à l’avance. Il doit la partager avec le joueur B. Le joueur B accepte ou refuse l’offre. S’il la refuse, aucun joueur ne reçoit d’argent. Ce jeu conceptualise la phase ultime d’un processus de négociation.


Notre négociation conventionnelle, dont le deuxième round (et peut-être le dernier avant longtemps) commence, s’inscrit totalement dans ce schéma économique. L’examen de tous ces travaux d’économistes est riche d’enseignements pour l’avenir de notre profession.

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Ouverture sous conditions…

 

tsoulie avr17 homeAprès cinq années de cavalier seul gouvernemental qui ont abouti au rejet unanime de la politique menée en matière bucco-dentaire, Agnès Buzyn a reçu le 13 juillet, soit quelques semaines après sa prise de fonction, les responsables des trois syndicats représentatifs de la profession.

 

Lors de l’entrevue, chacun a pu s’exprimer librement dans un esprit d’ouverture auquel nous n’étions plus habitués. Nous remercions la ministre d’avoir entendu le malaise profond de la filière dentaire.


Mais le plus dur reste à faire, car au-delà de l’esprit de dialogue et de confiance mutuel indispensable à la construction de tout projet, au-delà des mots et des généralités, la traduction sur le terrain des bonnes intentions risque de se heurter à la réalité des habitudes et du financement dans un environnement budgétaire contraint.


La confiance n’exclut donc pas la vigilance, mais aujourd’hui l’essentiel est ailleurs.

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Ne pas avoir peur de négocier

 

cm aout2014 2Face au diktat de Marisol Touraine, des actions syndicales et unmouvement de révolte "asyndical" ont vu le jour dans le but de contrer la mise en œuvre du règlement arbitral le 1er janvier 2018 et faire entendre aux pouvoirs publics la colère des chirurgiens-dentistes.

 

Pour permettre de sortir du règlement arbitral, un consensus unanime s’est dégagé en faveur d’une reprise des négociations dans l’espoir d’aboutir aux réformes souhaitées. Si tout le monde semble d’accord sur le principe, il n’est pas certain qu’il en soit de même quant à l’appréhension des enjeux, des projets gouvernementaux et du périmètre desdites négociations.

 

La CNSD a reçu début juin de la part du ministère de la Santé, l’assurance d’une volonté de réouverture du dialogue conventionnel. Mais cette volonté est assortie d’un discours très clair : « les plafonds font partie du paysage, il n’est pas question de revenir sur ce principe ».

 

Rien de bien nouveau puisque, le 12 octobre 2016, les trois syndicats interrogés par le directeur de l’Uncam, Nicolas Revel, avaient validé que les plafonds sur la prothèse seraient un élément de la discussion conventionnelle, et une contrepartie des revalorisations structurelles. Rien ne permet aujourd’hui de penser que ce « deal » soit remis en cause. Doit-on fermer les portes d’une sortie de crise en remettant en cause un principe accepté par tous il y a huit mois ?

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