Être acteur de son destin

 

cm aout2014 2« C'était peut-être pas votre question, mais c’est ma réponse ! »* Cette phrase célèbre, raillée et détournée par de nombreux humoristes, est sans nul doute le meilleur exemple de ce que peut être un dialogue de sourds. Et c’est ce qu’on peut parfois entendre dans la négociation conventionnelle actuelle, où certains s’obstinent à ne pas répondre aux questions posées et continuent à afficher des propositions, sans nul doute pertinentes, mais qui ne permettent pas de répondre aux objectifs fixés par le gouvernement et l’Assurance maladie.


Or, les délais pour signer un accord conventionnel qui permettra de sortir de la nasse du règlement arbitral, ne sont pas extensibles à l’infini. Les solutions à trouver relèvent de la quadrature du cercle, tant les paramètres sont complexes à associer : volonté partagée par tous les acteurs de changer les pratiques, mais un budget contraint qui oblige à faire des choix.
Sans oublier la difficulté supplémentaire apportée par le « reste à charge zéro », qui devient un nouvel objectif prioritaire dans des délais plus contraints que ceux initialement affichés, puisque les dispositions règlementaires le mettant en place devraient arriver dans un an.

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Enquête ou inquisition ?

 

tsoulie avr17 homeLa CNSD a été auditionnée, le 26 octobre, par l’Autorité de la concurrence, dans le cadre d’une plainte d’une plate-forme assurancielle à l’encontre d’un syndicat professionnel, et plus largement dans celui d’une enquête sur les réseaux de soins et les centres low-cost.
L’objectif est de savoir si nous n’aurions pas enfreint la loi de la concurrence et appelé au boycott, tant des réseaux de soins que des centres low-cost.


C’est ainsi que la présidente et le secrétaire général de la CNSD ont été amenés à répondre aux questions des quatre rapporteurs de l’Autorité, reçus au siège confédéral, et à leur fournir toutes les pièces ayant trait de près ou de loin à la communication de la CNSD depuis l’entrée en vigueur de la loi Le Roux.

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Pour une médecine bucco-dentaire moderne

 

cm aout2014 2Depuis sept mois, les chirurgiens-dentistes sont sous règlement arbitral : la Convention a été écrasée à la suite d'une décision arbitraire de Marisol Touraine, précédente ministre de la Santé, qui y voyait une communication facile pour convaincre qu’elle avait résolu les difficultés d’accès aux soins dentaires. Trente années d’immobilisme et leurs impacts nuisibles prétendument réglés d’un trait de plume !

La preuve était faite pour tous ceux qui en doutaient, que les pouvoirs publics n’ont aucun état d’âme pour passer en force quand le dialogue est rompu.


Si ce règlement arbitral devait perdurer et si ses dispositions tarifaires devaient s’appliquer, c’est une chape de plomb qui s’abattrait sur la médecine bucco-dentaire.
Les clauses de sauvegarde inévitables, si l’accès aux soins s’améliorait en raison de l’augmentation des dépenses, signeraient une régression sans précédent : baisse des investissements, incitation aux choix thérapeutiques archaïques, qualité altérée…

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Marronnier

 

tsoulie avr17 homeEn journalisme, le marronnier est un article ou un reportage d’information consacré à un événement récurrent où les sujets débattus sont traités souvent de façon simpliste. La plupart du temps, ils meublent une période creuse, et, quand il s’agit d’un dossier sensible, ils peuvent faire l’objet de « reportages » aux heures de grande écoute.


Dans le contexte économique difficile actuel, quel meilleur sujet que le dentaire pour faire de l’audimat un dimanche soir !


Comme à chaque fois, nous avons eu droit aux clichés du prothésiste qui travaille dur pour confectionner une céramique avec son pinceau, que le dentiste vendra cinq à dix fois le montant de sa facture, au vertueux modèle économique low-cost du seul fait que les honoraires seraient inférieurs à ceux des cabinets libéraux, à la plaidoirie d’une directrice de plateforme pourfendeuse de tarifs sans s’occuper de savoir ce qu’il y a derrière, et, cerise sur le gâteau, des soins délocalisés vendus comme d’autres vendent des vacances.

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Régulation ou dérégulation ?

 

cm aout2014 2Vous voulez avoir une liberté tarifaire totale ?
Vous êtes pour la dérégulation.


Mais vous voulez que la Sécurité sociale et les complémentaires remboursent ?
C’est de la régulation.


Vous voulez circuler librement en Europe ? Partir vous installer facilement ailleurs ? Dérégulation.


Oui, mais vous voulez que les praticiens étrangers ne viennent pas en France… Vous êtes donc pour la régulation.


Vous êtes pour la suppression de la Sécurité sociale et du tarif d’autorité… Dérégulation.


Oui, mais vous voulez quand même du remboursement… Donc, vous êtes pour la dérégulation régulée ? Cela devient peu cohérent.

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Formation, marchandisation, ubérisation...

 

thierry soulie sept17Le monde bouge à une telle vitesse que les gouvernants, pressés de trouver des solutions aux problèmes, écrivent des lois pour contrôler et éviter de se faire dépasser, ce qui est compréhensible. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est leur précipitation qui a pour conséquence de fréquentes difficultés d’application. Par ailleurs, pour répondre aux difficultés devant lesquelles ils sont impuissants, ils ouvrent le marché, pensant que la concurrence règlera le problème selon le principe de l’autorégulation.


C’est ainsi qu’afin de résoudre le problème des déserts médicaux, et alors que des solutions commencent à produire leurs effets – augmentation du numerus clausus, contrats d’engagement de service public (CESP), mesures incitatives conventionnelles, etc. –, l’État n’a pas empêché l’installation sur notre territoire d’une pseudo antenne d’université portugaise (Le Clesi), venue mettre un coin dans notre système de formation initiale fondé sur un concours qui garantit à la population de futurs chirurgiens-dentistes en mesure de prodiguer des soins de qualité en toute sécurité.

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Parlons Europe

 

cm aout2014 2L’Europe est au cœur de l’actualité. Le président Macron souhaite lui donner un nouveau souffle fédérateur en allant vers encore plus d’intégration. Dans ses propositions cependant, rien sur la santé. Comme si, dans ce domaine, tout allait bien. Pourtant, ces derniers jours, diverses informations sont venues nous rappeler que la libre circulation au sein d’une Europe économiquement inégalitaire et aux systèmes de santé à géométrie variable, pouvait avoir des impacts importants sur notre système de santé.


En Europe, les chirurgiens-dentistes bénéficient d’un diplôme reconnu automatiquement, ce qui leur permet de travailler en toute liberté dans l’ensemble des pays de la Communauté.
Mais, charge à chaque État de garantir la conformité de la formation dispensée aux critères définis dans la directive.
Malheureusement, il n’existe aucun contrôle.

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