Soins à l'étranger

 

tourismedentaire1De plus en plus de patients vont se faire soigner à l'étranger, en particulier en Hongrie, où les travaux prothétiques sont moins chers. Ce phénomène, qui inquiète les chirurgiens-dentistes français, reste toutefois marginal et ne doit pas être confondu avec les soins réalisés à l'étranger mais non assimilables à du tourisme médical.

 

Le développement du tourisme médical inquiète. Cependant, les chiffres que révèle le rapport 2011 du Centre national des soins à l'étranger (CNSE), organisme

de la Sécurité sociale qui s'occupe du remboursement de ces soins, permettent de relativiser le phénomène. Et surtout d'éviter les amalgames entre des situations qui ne sont pas comparables. 

 

 

Quelques chiffres

  • 10,5 millions d'euros dépensés, notamment en Hongrie, Espagne et Portugal .
  • 430 euros en moyenne par dossier, pour 2,3millions d'euros remboursés.
  • 93 euros en moyenne par dossier, soit un taux de prise en charge de 22 %.
  • 24 424 dossiers de soins et prothèses dentaires dispensés dans 153 pays.
  • 79 % des dossiers et 88 % des dépenses engagées concernent des soins réalisés dans l'Union européenne.

 

Tous les chiffres par pays

 

 

 

Tourisme dentaire et autres soins 

 

Parmi les soins à l'étranger, il faut distinguer ceux réalisés dans l'Union européenne de ceux réalisé hors. En effet, en dehors de l'UE, les soins sont pris en charge seulement pour les salariés détachés et leur famille. Pour les autres assurés, seuls les soins inopinés sont remboursés. Le rapport du CNSE fait apparaître que l'essentiel des remboursements hors UE concerne des pays où vivent des expatriés français, notamment les États-Unis, le Canada ou le Brésil. Des soins sont aussi dispensés à des assurés cotisant en France mais d'origine étrangère qui rentrent au pays pour leurs vacances, en particulier au Maroc.

 

Sur le plan dentaire, les remboursements concernent surtout des pulpectomies ou des extractions d'une ou deux dents. Dans ces cas, on ne parle évidemment pas de tourisme dentaire.

 

Le rapport du CNSE porte également sur les soins réalisés dans les pays membres de l'Union européenne par des assurés français. Les règles de libre circulation permettent aux patients de se faire soigner dans le pays de leur choix et d'être remboursés, soit selon les règles du pays des soins, soit selon celles du pays où il cotise. Dans la majorité des cas, il est plus avantageux pour le patient de se faire rembourser selon les règles françaises.

 

L'essentiel des dossiers de remboursement traités par le CNSE concerne des frontaliers qui savent jouer des différences de tarifs, comme les Alsaciens qui franchissent le Rhin pour certains soins, des retraités français installés dans un pays d'Europe du Sud, ou des travailleurs originaires du Portugal ou d'Espagne qui profitent de leurs congés pour se faire soigner dans leur pays d'origine. De fait, le Portugal est le premier pays en nombre de dossiers de remboursements de soins dentaires (6 278 dossiers).

 

 

1 547 « touristes » en Hongrie en 2011

 

 

tourisme-dentaire-2Restent enfin les dossiers de remboursement manifestement assimilables à du tourisme dentaire. Ces soins low-cost ne représentent cependant aujourd'hui que l'équivalent de l'activité d'une quarantaine de cabinets dentaires français. Si le nombre de dossiers provenant de Hongrie reste relativement faible (1 547 assurés français se sont rendus à Budapest pour des soins dentaires en 2011), le montant remboursé en moyenne est important (1 744 euros par dossier). Ce qui explique

que ce pays arrive en tête des remboursements par le CNSE avec, au total, plus de 2,7 millions d'euros en 2011. « Pour la Hongrie, on voit toujours passer de très gros dossiers, confirme le Dr Christian Cyffers, chirurgien-dentiste et directeur de l'information médicale du CNSE. Ce ne sont que des soins prothétiques, parfois d'implantologie pour des reconstructions importantes. »

 

À Budapest en particulier, de gros cabinets dentaires se sont spécialisés dans les soins aux étrangers. En général, trois ou quatre chirurgiens-dentistes y exercent dont un spécialisé en implantologie et souvent formé en Allemagne. Ces structures sont dotées d'un responsable commercial, disposent d'une vitrine sur Internet et le personnel est francophone. Qui sont les patients qui recourent à ce type de cliniques ? « Ce sont essentiellement des cadres moyens, répond le Dr Cyffers.

 

Selon nos données, beaucoup sont originaires d'Île-de-France ou de la région PACA. Ce sont des travaux qui peuvent leur revenir jusqu'à 10 000 euros mais qui coûteraient effectivement peut-être jusqu'à trois fois plus cher en France. » Les contrats proposés par les cliniques hongroises ne comprennent que les soins mais pas le voyage ni l'hébergement, ce qui décourage ceux qui n'auraient qu'une simple couronne à se faire poser.

 

Absence de recul sur la qualité des soins

 

Le Centre national des soins à l'étranger effectue aussi des contrôles sur la réalité de ces soins : il n'hésite pas à demander des images de radiologie avant et après l'intervention, exige des factures détaillées dent par dent (notamment pour pouvoir appliquer les règles françaises sur les cumuls) et peut même faire convoquer le patient par le service médical. Si le CNSE n'émet pas d'avis sur la qualité des soins, le Dr Cyffers dit avoir vu « peu de catastrophes pour l'instant ». À titre d'indicateur, le centre vérifie actuellement si les patients qui ont subi des soins prothétiques en Hongrie s'avèrent ensuite d'importants consommateurs de soins dentaires en France, ce qui suggérerait la nécessité de reprise des travaux. Pour l'instant, elle manque encore de recul. Difficile aussi de savoir si le tourisme dentaire a augmenté récemment car le CNSE, créé en 2006, dispose de données comparatives seulement à partir de l'année 2009. Quoi qu'il en soit, il s'agit  encore d'un phénomène anecdotique.

 

 

 

 

Dossier publié dans le Chirurgien-dentiste de France n°1539 du 6 septembre 2012

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