Les chirurgiens-dentistes « médecins malgré eux »


breve humour Nombre de chirurgiens-dentistes viennent de recevoir un courriel de leur caisse d’Assurance maladie leur demandant de déclarer avant le 31/01/2018 certains indicateurs liés à la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP).
L’Assurance maladie aurait-elle mis la charrue avant les bœufs ? En effet, la ROSP fait partie des thèmes de l’actuelle négociation conventionnelle des chirurgiens-dentistes… toujours pas finalisée.


Ou bien y aurait-il des clauses cachées dans le Règlement arbitral en place depuis le 01/01/2017 qui ferait bénéficier les chirurgiens-dentistes de cette rémunération inscrite dans la convention médicale ?


Mystère…


En attendant, les chirurgiens-dentistes qui ont reçu ce message sont invités à écrire à leur CPAM :


« J’ai reçu par mail un message intitulé « Déclaration indicateurs ROSP et forfait structure.
Jusqu’à ce jour, je pensais que cette disposition ne concernait pas les chirurgiens-dentistes. Pour répondre à votre demande, je me suis connecté sur mon compte Ameli Pro… et n’ai pas trouvé le service déclaratif indiqué dans votre mode d’emploi joint.
Merci de me donner les indications nécessaires… à moins qu’il ne s’agisse d’une erreur ?
Si c’est le cas, j’ose espérer une indulgence de votre part lorsque vous infligerez des pénalités à des confrères ayant eux-mêmes commis des erreurs administratives. »

 

 

Accès partiel : la CNSD, avec plusieurs syndicats, dépose un recours


Un recours contre les textes ouvrant la voie à l’exercice partiel a été déposé au Conseil d’État le 29 décembre par les principaux syndicats représentatifs des professions de santé : chirurgiens-dentistes (CNSD, UD), médecins (CSMF, SML), biologistes (SDB, SLBC), et pharmaciens (FSPF). Ce recours a reçu l’appui du Centre national des professions libérales de santé (CNPS), qui rappelle l’importance de ce combat pour l’avenir de la qualité des soins en France.
 
Le feuilleton de l’accès partiel, nouvelle menace sur la qualité de notre système de santé, n’est hélas pas terminé.
 
L’ordonnance du 19 janvier 2017 visant à transposer la directive qualifications professionnelles avait déclenché, au moment de sa phase préparatoire, les protestations de nombreuses organisations syndicales professionnelles. Grâce notamment à l’action de la CNSD, le texte initial avait pu être modifié favorablement, afin que soient exclues du champ d’application de la directive les professions dites sectorielles, à savoir, dans le secteur de la santé, les professions de vétérinaire, médecin, infirmier, pharmacien, sage-femme et chirurgien-dentiste.
 
L’ordonnance, bien que publiée, devant faire l’objet d’une ratification par le Parlement, a donné lieu à un projet de loi de ratification discuté devant les deux Chambres (à l’Assemblée nationale fin juillet, et au Sénat mi-octobre). 

Le Sénat supprime l'accès partiel

Considérant les « risques pesant sur la cohérence, la qualité, et la sécurité de notre système de soins », la commission des Affaires sociales du Sénat avait, avec sagesse, adopté un amendement unique excluant de l’ordonnance les dispositions mettant en place l’accès partiel. En deuxième lecture, les députés sont revenus sur la version adoptée par le Sénat. Le texte, passé devant une Commission mixte paritaire le 5 décembre, à l’issue de laquelle aucun accord n’a été trouvé, doit repasser en nouvelle lecture devant les deux assemblées.
 
Malgré l’avis du Sénat, et les protestions répétées et justifiées des professionnels de santé, le gouvernement n’a pas attendu la fin des débats parlementaires pour faire passer dans la réglementation plusieurs mesures d’application de cette ordonnance, par le biais d’un décret et de deux arrêtés. Il s’agit d’une véritable capitulation du gouvernement, face à la pression de Bruxelles, dénoncée aussitôt par les professionnels de santé.
 
Par ce recours, les syndicats associés demandent donc l’annulation de ces trois textes :
  1. le décret 2017-1520 du 2 novembre 2017 créant, dans le code de la Santé publique, une section « accès partiel », pour non-conformité à la directive 2005/36/CE.
  2. l’arrêté du 4 décembre 2017 relatif à la déclaration préalable de prestation de services pour les professions médicales et les pharmaciens.
  3. l’arrêté du 8 décembre 2017 relatif à l’avis rendu par les commissions d’autorisation d’exercice ou par les ordres des professions de santé en cas d’accès partiel à une profession dans le domaine de la santé.


 

Orientation des jeunes : le CESE lance une consultation

 

consultation cese unaplLe Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), dont l’UNAPL est l’une des organisations membres, a récemment lancé une plateforme consultative en ligne sur le thème : « Orientation des jeunes, quelles solutions ? »

 

La consultation « Orientation des jeunes, quelles solutions ? » viendra nourrir le projet d’avis « L’orientation des jeunes » qui sera soumis au vote de l’assemblée plénière du CESE le 11 avril prochain.

 

La consultation portera sur six thématiques :

  • Comment faciliter l’accès à la formation souhaitée ?
  • Comment éviter que les stéréotypes de sexe ne conditionnent les choix d’orientation ?
  • Comment mieux accompagner les jeunes dans leur parcours ?
  • Comment réduire le stress suscité par l’orientation ?
  • Comment faciliter l’insertion professionnelle des jeunes ?
  • Comment ne plus subir son orientation ?

 

L’inscription est obligatoire pour pouvoir participer à la consultation, permettant ainsi de :

  • Voter sur les propositions formulées par le CESE et sur les propositions et arguments des autres contributeurs.
  • Argumenter sur les propositions formulées par le CESE et sur les propositions des autres contributeurs.
  • Proposer des causes supplémentaires qui pourraient être à l'origine des problèmes identifiés par le CESE et des pistes de solutions permettant d'y répondre.
  • Référencer des sources d'informations supplémentaires que vous souhaitez soumettre à la communauté.

 

 

La plateforme est ouverte depuis le 8 janvier et fermera le 23 février 2018.


 

 

 

2017, année noire pour les chirurgiens-dentistes

 
2017 annee noire homeLa vie conventionnelle n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Ainsi, quand l’État avec la complicité des parlementaires, détruit une négociation et une convention, les chirurgiens-dentistes ont de quoi être en colère !

Que s’est-il passé en 2017 ?

En janvier, pour corriger les écarts de calcul et obtenir un accord équitable, la CNSD choisit de quitter la table des négociations, suivie par les deux autres syndicats. 

En février Bertrand Fragonard est désigné comme arbitre. Les tentatives pour lui faire écrire un texte juste échouent… Il n'est pas question d’améliorer les propositions de l’avenant n° 4, ni de se mettre au même niveau. 

Le mois de mars est un moment fort grâce à votre mobilisation. Plus de 10 000 personnes sont présentes sur l’esplanade des Invalides, Bravo ! Partout en France vous avez su relayer l’information auprès des patients. 

Avril est pourtant un mois difficile car le règlement arbitral vient écraser la Convention dentaire pour cinq ans. Il n’y a plus de vie conventionnelle, plus de lieu de dialogue pour échanger sur les interprétations des textes, défendre les confrères contrôlés… La CNSD joue pleinement son rôle et s’engage sur trois voies :
  • nous déposons un recours en Conseil d’État accompagnée d’une demande de question préalable de constitutionnalité (QPC) car il lui apparaît que les règles ont été plus que bafouées !
  • nous prenons contact avec les candidats à la présidence de la République pour connaître leur attitude vis-à-vis du règlement arbitral ;
  • nous gardons le contact avec le directeur de l’Assurance maladie en vue d’une reprise des négociations en posant une condition préalable : être reçus par le ou la future ministre de la Santé.
Au mois de mai Emmanuel Macron est élu… accompagné de sa promesse de campagne de « reste à charge zéro » (RAC 0). Si objectif semble lointain (2022) : nous n’imaginons pas à ce moment à quel point cet engagement deviendra prégnant et déstabilisera la future négociation.

En juillet notre nouvelle ministre de la santé, Agnès Buzyn, nous reçoit. Très vite, la négociation conventionnelle reprend. Les dispositions tarifaires du règlement arbitral sont repoussées d’une année pour laisser du temps au dialogue. Cependant le Conseil d’État refuse de transmettre la QPC au Conseil constitutionnel sous prétexte « d’intérêts supérieurs » en jeu. La meilleure chance de faire annuler le règlement arbitral s’envole.

En septembre : ouverture de la négociation d’une nouvelle convention. Le cadre est semblable à la négociation précédente. Tous les négociateurs acceptent de reprendre les discussions. Pour la CNSD l’objectif majeur est d’aboutir à un texte meilleur que l’avenant n° 4, et de pouvoir sortir ainsi du règlement arbitral en recréant un cadre conventionnel.

Aux mois d’octobre et novembre la CNSD revient sur les calculs et s’attache à trouver les failles dans le raisonnement de l’Assurance maladie. Le 15 décembre 2017, elle démontrera qu’avec la même enveloppe, on pouvait faire beaucoup mieux que ce qui était proposé en janvier. S’accorder sur les méthodes et les calculs d’impact est à ce stade essentiel pour aboutir à un accord équilibré, sans contestation. Par ailleurs, nous faisons déposer des amendements au PLFSS 2018, afin de faire supprimer le règlement arbitral… Sans succès puisque les parlementaires refusent de revenir sur cette disposition.

Au mois de décembre, le « reste à charge zéro » est au cœur du débat. Il est question de définir ce que sera ce RAC 0 avant la fin 2018.

Votre engagement et votre soutien sont plus que jamais nécessaires pour aboutir !


Janvier 2018 : la négociation conventionnelle est à l’arrêt. Le gouvernement, la Sécurité sociale et les complémentaires doivent se mettre d’accord sur ce que sera le panier de soins « reste à charge zéro » et son financement, avant que des propositions ne soient faites sur les revalorisations et plafonds contenus dans la nouvelle Convention… et que la négociation ne s’engage enfin !

Qui, il y a 18 mois, aurait pu imaginer un tel scénario ? Que coup sur coup, des décisions politiques à visée électorale viennent nous impacter, que l’espoir de redonner une cohérence à la rémunération de l’activité dentaire soit refroidi par la volonté des politiques d’aller vite et de vouloir en peu de temps bousculer trente années d’inertie, sans toutefois y mettre les moyens financiers nécessaires.

Le temps s’est accéléré. Refuser de signer ne règlera rien : nous aurons toujours le règlement arbitral, ainsi que le « reste à charge zéro » en plus. 

C’est par le dialogue et leur force de conviction que les chirurgiens-dentistes peuvent encore espérer sortir par le haut de cette nasse : en optimisant les financements, en limitant les impacts négatifs des plafonds, en reconquérant des espaces de liberté et en modifiant les pratiques pour faire de la qualité un argument de valorisation des actes.

Mais quelle que soit l’issue de cette négociation, plus rien ne sera comme avant !
 

Nouveau site CNSD

 

nouveau web siteC'est avec plaisir que nous vous informons du prochain changement de mise en forme de notre site internet. Le premier changement correspond à une version transitoire minimale permettant de consulter les principales actualités et de lire le CDF en ligne.


Ensuite, après plusieurs semaines de développement, nous vous présenterons la version finale qui sera la nouvelle vitrine de notre syndicat sur la toile.
Le futur site a été pensé pour faciliter la navigation des visiteurs et accéder facilement aux différentes prestations proposées, mais aussi pour nos départements. Il permettra d'accompagner notre essor commun et de faciliter nos échanges.


N'hésitez pas à nous transmettre vos remarques ou demandes particulières par le biais du formulaire de contact.

En espérant que vous apprécierez ce nouveau moyen de communiquer avec nous, nous vous souhaitons une prochaine bonne découverte du site.

 

 

Négociation conventionnelle an II – Épisode 4

 

nego conventionnelles entretienNÉGOCIATIONS : UN RAC 0 BLOQUANT


Après une série de rencontres bilatérales, les négociateurs se sont retrouvés le 15 décembre 2017 pour ce qui devait être LA SÉANCE de propositions chiffrées, à partir desquelles devait s’ouvrir la phase de vraies négociations.


Mais depuis quelque temps, nous sentions que l’Uncam ne serait pas prête. Insidieusement, la promesse présidentielle de « Reste à charge zéro » s’est inscrite au cœur de la négociation et est venue bouleverser tous les schémas, y compris l’aspect financier. Des travaux sont actuellement menés au ministère de la Santé avec l’Uncam et l’Unocam sur le contenu et le financement de ce RAC 0 : rien ne devrait en sortir avant fin janvier.


Pour le dentaire, on évoque désormais 3 paniers de soins, voire 4 avec la CMU-C.

  • Panier RAC 0
  • Panier RAC maîtrisé
  • Panier libre

Leur composition pose de nombreux problèmes.

Une certitude : le panier RAC 0 ne devra pas apparaître comme un panier bas de gamme tout en coûtant le moins possible aux financeurs. Mais sans information sur le financement dévolu à ce RAC 0, il est impossible de composer les paniers, et d’articuler l’accord.


Dans sa présentation l’Uncam évoque différentes pistes et options, mais finalement pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.


Il faut souligner les points positifs qui concernent la prévention, la proposition d’expérimentations, l’indexation ou la clause de revoyure plus équilibrée.
Et surtout la réponse favorable de l’Uncam à la demande de mise en place d’un parcours de prévention améliorant la prise en charge prothétique de patients régulièrement suivis, sur le modèle d'autres pays. Ce serait une première en France.

 

Acquis et propositions chiffrées de la CNSD

 

La négociation de l’avenant n°4 avait été marquée par la contestation par la CNSD des calculs et projections de l’Uncam, tant sur les revalorisations, que sur l’impact pour les chirurgiens-dentistes des plafonds. Cette sensation de « se faire avoir » a largement contribué à l’échec des négociations, même si la raison principale demeure l’intrusion de Marisol Touraine dans les discussions et le chantage exercé qui décrédibilisait tout accord.


Dès le début de la négociation de la future convention, la CNSD a donc exigé une mise à plat de la base de données et de la méthode de calcul de l’Uncam : des erreurs ont été identifiées et reconnues par l’Uncam. Elles ont été corrigées : nous ne devrions donc plus avoir de divergences dans les calculs, c’est essentiel pour la crédibilité de notre éventuelle signature.
Par ailleurs, la CNSD a travaillé à démontrer que les impacts pour les organismes complémentaires étaient beaucoup plus favorables que ce qui était annoncé, en raison des baisses de prise en charge induites.


Toutes ces discussions et travaux préparatoires ont amené la CNSD à proposer un modèle pour le rééquilibrage qui apparaît bien plus avantageux pour les chirurgiens-dentistes que l’avenant n°4 ou le règlement arbitral. Pour que la comparaison soit possible, les calculs se sont faits sur le même budget global. Une synthèse des projections CNSD a été présentée lors de la séance de négociation.
Il apparaît qu’avec un chiffrage comparable, il est possible de revaloriser plus d’actes, à des niveaux plus élevés, avec en contrepartie des plafonds moins bas sur moins d’actes… cherchez l’erreur !


Quelques exemples permettent d’illustrer l’amélioration notable apportée par les calculs CNSD par rapport aux contenus de l’avenant n°4 et du Règlement arbitral. Pour être exhaustif, il faut préciser que les revalorisations CNSD portent sur les obturations, toute l’endodontie, toute la chirurgie, les scellements de sillons et certains actes de parodontologie. En ce qui concerne les plafonds, la proposition CNSD ne concerne que quelques actes, alors que l’avenant n°4 et le RA touchent également les bridges et toutes les prothèses amovibles.

 

A noter que pendant la séance, cette présentation n’a suscité aucun commentaire négatif, ni aucune remise en cause des calculs.


La prochaine séance devrait se tenir le 2 février 2018 : les propositions chiffrées de l’Uncam devraient enfin être dévoilées !

 

 

 

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Négo : dernière minute

 

proposition cnsd home2En avant-première, découvrez les projections de la CNSD, faites ce jour à Nicolas Revel, Directeur de l’Uncam, lors de la réunion du vendredi 15 décembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliquez ici pour télécharger les propositions de la CNSD

 

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Vote de confiance pour l'exécutif de la CNSD

 

ag2017 oeilLe Bureau confédéral de la CNSD a vu la confiance de ses représentants renouvelée lors de l’Assemblée générale annuelle qui s’est tenue hier.

 

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Jeudi 14 décembre, le rapport d’activité présenté par Thierry Soulié, secrétaire général, a été approuvé à plus de 95% des voix par les représentants des 100 syndicats départementaux.

 

Avec ce vote, l’exécutif de la CNSD est non seulement reconnu dans les choix politiques pris cette année mais également conforté sur la conduite des enjeux à venir, notamment sur les suites à donner à la négociation conventionnelle.

 

ag2017 cmUn point d’étape sur l’avancement des négociations conventionnelles a été fait par Catherine Mojaïsky, présidente. Présentation à l’issue de laquelle elle a réaffirmé sa volonté de tout faire pour obtenir un accord cohérent et équilibré pour la profession.

 

Les instances de la CNSD seront à nouveau réunies pour valider ou non la signature du texte conventionnel.

 

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Pareille confiance a été accordée à Nicolas Renouard, trésorier général, qui a obtenu plus de 95% des voix en faveur du rapport financier qu’il a présenté.

 

 

RÉSULTATS DES VOTES

  • Rapport annuel d'activité : 95,76%
  • Rapport financier : 95,77%
  • Budget prévisionnel : 93,72%

 

 

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Tabagisme : le chirurgien-dentiste « en première ligne »

 
Spécialiste de la cavité buccale, le chirurgien-dentiste joue un rôle essentiel dans la lutte contre le tabagisme. Prescripteur de substitut nicotinique, il dispose de tout un arsenal pour sensibiliser ses patients et les accompagner jusqu’au succès.
Dans la prévention contre les maladies liées au tabac, le quidam se tournerait plus volontiers vers son généraliste ou un spécialiste, tel que le cardiologue ou le pneumologue. Le lien entre la chirurgie dentaire et le sevrage tabagique n’aurait donc rien d’une évidence. Erreur ! Voilà une idée à écraser aussi promptement que sa dernière cigarette. Car en matière de lutte contre le tabac, le chirurgien-dentiste est aux avant-postes. « Il est même en première ligne du dépistage », insiste le professeur Philippe Bouchard, odontologiste des hôpitaux et responsable du département de paradontologie de l’université Paris-Diderot.

À cela, plusieurs raisons. D’abord parce que le chirurgien-dentiste est un spécialiste de la cavité buccale et que « le tabac, fumé ou non fumé, passe par la bouche », rappelle le praticien. Partant de ce postulat, le chirurgien-dentiste joue donc un rôle essentiel. Il n’est pas rare que ce soient les conséquences du tabagisme qui conduisent un patient chez son chirurgien-dentiste. « L’halitose tabagique, les enduits nicotiniques à la surface des dents, les lésions blanches des muqueuses orales, l’agueusie et/ou anosmie sont autant de raisons pour lesquelles les fumeurs nous consultent, sans parfois faire le lien entre le symptôme et leur consommation de tabac. » Enfin, la fréquence des rendez-vous de suivi dentaire – un ou deux par an – permet aux chirurgiens-dentistes de faire ce travail de prévention plus fréquemment. Aux premières loges, le praticien peut rapidement démontrer et montrer aux patients les menaces et parfois même les dégâts déjà causés par leur consommation de tabac (lire encadré ci-dessous).
Prescrire et agir
« Le cabinet dentaire est l’un des meilleurs endroits pour le sevrage tabagique », assure Philippe Bouchard. Depuis le 27 janvier 2016, les chirurgiens-dentistes peuvent prescrire des traitements nicotiniques de substitution (TNS). Ces derniers prennent la forme de gommes, de patchs, de sprays nasaux, d’inhalateurs ou encore de pastilles sublinguales. « Ces TNS augmentent le taux de succès à long terme de 50 à 100 %, souligne-t-il. En revanche, la prescription du bupropion - Zyban® - et de la varénicline - Champix® - n’est pas autorisée au cabinet dentaire. »

L’Assurance maladie prend en charge sur prescription médicale les TNS à hauteur de 150 € par an. « Le sevrage tabagique, ce n’est pas seulement prescrire, c’est aussi agir. » Ainsi le chirurgien- dentiste dispose-t-il de tout un panel d’outils pour sensibiliser les patients. « Outre l’information à dispenser à ceux qui ne sont pas prêts à arrêter, il faut encourager et aider ceux qui le sont, rapporte Philippe Bouchard. Plusieurs techniques sont utilisées. Toutes reposent sur l’identification de la dépendance qu’elle soit physique, psychologique et/ou comportementale, environnementale. »
Taux de réussite similaires aux cliniques spécialisées
Globalement, trois types d’interventions sont possibles. En premier lieu, l’intervention brève combinée à l’examen dentaire. « Cette dernière entraîne 2,5 fois plus de chances d’arrêter de fumer qu’individuellement. » Autre piste : l’entretien motivationnel au cabinet dentaire « qui aboutit à des taux de sevrage de 20 à 38 % ». Enfin, l’intervention intensive, soit cinq visites pendant trois mois, combinant un entretien et la prescription de deux traitements nicotiniques de substitution (patch et gomme). « Au bout de 12 mois, il a été constaté que 36,4 % des personnes cessent de fumer contre 13 % dans le cas d’un arrêt individuel, explique le chirurgien-dentiste. En résumé, le sevrage tabagique au cabinet dentaire apporte des taux de succès similaires voire supérieurs à ceux des cliniques spécialisées qui sont de l’ordre de 10 à 15 %. À noter que les patients atteints de maladie parodontale restent les plus réceptifs. »

Certains effets sont perceptibles dès l’abandon de la consommation du tabac. Au bout de deux jours, le goût, l’odorat et l’haleine s’améliorent. Il suffit de trois mois pour que l’état de la muqueuse buccale se restaure. Une année sans tabac permet de retrouver des gencives normales. Enfin, après cinq à dix ans, le risque de cancer buccal d’un ex-fumeur est comparable à celui d’un non-fumeur. De quoi mener le fumeur sur le chemin du sevrage…
 


Des pathologies multiples

Une consultation peut parfois suffire pour que le chirurgien-dentiste mesure les risques encourus par le patient. Coloration des dents, hyposalivation, développement mycosique, déchaussement dentaire, augmentation du nombre de carie… Les impacts du tabac sont très nombreux. Avec la consommation de tabac, le risque de cancer de la bouche est multiplié par 5 à 10 et celui de parodontite sévère par 2,8. « Dans les deux cas (cancers et parodontites), on observe un effet-dose : incidence, prévalence et sévérité augmentent avec le nombre de paquets consommé chaque année », indique le professeur Bouchard.

L’une des conséquences les plus graves de la consommation de tabac reste l’apparition de leucoplasies. « Six fois plus chez les fumeurs, ces lésions précancéreuses peuvent se transformer en lésions cancéreuses dans environ 17 % des cas. » Véritable problématique de santé publique, les cancers buccaux font l’objet d’un programme de détection précoce mis en place par l’Institut national du cancer (INCa).

Un outil multimédia a été imaginé à destination des chirurgiens-dentistes pour les accompagner dans cette détection précoce. Créé en 2008, il est disponible sur le site internet de l’INCa.


 

Ouragan Irma : la solidarité se poursuit et s'amplifie


Après la série d’ouragans de forces exceptionnelles qui a sévi dans les Antilles françaises, dont Irma qui a détruit la quasi-totalité des cabinets dentaires à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, la CNSD a mobilisé l’ensemble de ses adhérents pour venir en aide aux confrères sinistrés. Le point sur la situation.
 
Plus de 13 000 euros. C’est, à l’heure actuelle, la somme collectée par la CNSD pour venir en aide aux chirurgiens- dentistes sinistrés de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Pour mémoire, les deux îles ont été ravagées en septembre par une série d’ouragans d’une violence inouïe. L’ouragan Irma a sans conteste été le plus dévastateur avec des vents de 295 km/h pendant 33 heures et des pointes à 360 km/h.
 
Une vue désolante
 
Plus prospère, Saint-Barthélemy s’organise. Mais pour Saint-Martin, la situation est précaire. Plus pauvre et plus vulnérable, l’île est à 95 % détruite. Dépêché sur place pour faire un état des lieux et évaluer les besoins des confrères sinistrés, Jean-Claude Bartan, chirurgien-dentiste de la CNSD Guadeloupe, n’a pu que constater l’ampleur des dégâts. « En arrivant sur les lieux, j’étais complètement déboussolé », glisse-t-il. La vue était désolante, pour les villes comme les cabinets dentaires. « Il est difficile de dire combien de cabinets existent sur l’île mais j’ai essayé de me rendre auprès de la quasi-totalité d’entre eux. J’en ai ainsi visité sept. Seuls deux ou trois fonctionnent à peu près. Les autres sont entièrement détruits. Plusieurs chirurgiens-dentistes, outre leur outil de travail, ont également perdu leur maison. » Ils se serrent les coudes. Les locaux professionnels encore fonctionnels sont prêtés à ceux qui se retrouvent sans matériel et sans cabinet. « J’ai constaté un peu de désespoir, notamment chez ceux qui n’ont plus rien ; mais il y a toujours une solidarité dans ces moments-là, explique Jean-Claude Bartan. Ils ont aussi repris confiance en voyant que, par mon intermédiaire, la CNSD proposait son aide. » Une entraide confraternelle accordée à tous les chirurgiens-dentistes sur place, quand bien même ils ne sont pas syndiqués.

La collecte continue
 
Les syndicats CNSD Martinique et CNSD Guadeloupe ont tous deux prévu une allocation de 2 000 € pour les sinistrés de Saint-Martin, déjà versée au fonds de collecte. La Confédération nationale s’est également mobilisée à hauteur de 5 000 euros. De nombreux confrères ont également apporté leur contribution. Et ce n’est qu’un début : les URPS des deux DROM ont également prévu de verser plusieurs milliers d’euros pour venir en aide aux confrères sur place. Les sommes collectées financeront la reconstruction des lieux de soins et l’approvisionnement en matériel médical pour la reprise de la délivrance des soins bucco-dentaires. Le suivi des projets est assuré par les représentants des syndicats CNSD de Guadeloupe et de Martinique avec l’aide de la Confédération.
 


Une aide d’urgence bienvenue
 
La réhabilitation des cabinets sera toutefois longue. En dehors des soins dentaires d’urgence, les chirurgiens-dentistes ont perdu la majorité de leurs patients. Et pour cause. « Sur les 90 000 personnes qui résident à l’année sur l’île, plus de la moitié a fui, estime Frantz Plumasseau, président de la CNSD Guadeloupe. De plus, la vie économique est au ralenti. Elle repose majoritairement sur le tourisme, or la plupart des hôtels sont détruits. Le taux de chômage a grimpé de manière exponentielle. À cela s’ajoute de fréquentes coupures d’eau et d’électricité. Les approvisionnements sont encore laborieux et les moyens de communication ne fonctionnent toujours pas correctement. » D’où l’aide d’urgence proposée par la Confédération nationale, la CNSD Martinique et la CNSD Guadeloupe, plus proche de Saint-Martin géographiquement parlant. « Nous avons débloqué 2 000 euros au sein de notre syndicat départemental, explique ainsi Frantz Plumasseau. Nous avons également trouvé un local, en Guadeloupe, pour stocker les dons de matériels. » Reste la question de l’acheminement de ces dons matériels auprès des sinistrés. « Au-delà de la logistique sur place, la question des frais de transport et des taxes se posent », pointe Jean-Claude Calixte, président URPS-CD Martinique.

Un mot d’ordre, l’équité
 
La répartition des dons, financiers et matériels, est également un sujet épineux. « Certains chirurgiens-dentistes sont propriétaires de leur cabinet, d’autres sont collaborateurs, détaille le Dr Calixte. Certains ont un cabinet qui fonctionne, d’autres non. De plus, certains sont assurés, d’autres non. » Le mot d’ordre sera l’équité. « Nous attribuerons vraisemblablement les aides financières en tenant compte des factures qui nous seront présentées », précise le praticien.
 

 

SOLIDARITÉ CONFRATERNELLE AVEC LES ANTILLES

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ADF 2017 - Séance politique

 

video politique adfElle était demandée et attendue ; cette séance organisée par l’ADF dans le cadre de son Congrès, a permis aux trois syndicats représentatifs de donner des informations sur l’état des négociations conventionnelles et de confronter leurs visions, objectifs, espoirs et craintes.

 

 

 

 

 

Retrouvez ci-dessous l’intégralité (2h) de ce forum.

 

 

 

 

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