Montrer notre implication dans les problématiques professionnelles


cone-beamInterview de Geoffrey Migliardi, président de l’UNECD*
 
L’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD) s’est assise, pour la première fois, autour de la table des négociations conventionnelles.
Présents à la première réunion organisée autour de la thématique « Démographie, répartition et accès aux soins », cinq membres de l’UNECD ont pu porter les revendications des étudiants.
Parmi eux, Geoffrey Migliardi, président de l’UNECD*, revient sur cette participation.
 
Comment avez-vous appréhendé cette toute première participation aux négociations conventionnelles ?

Geoffrey Migliardi : Cette participation implique avant tout de représenter les 6 500 étudiants en chirurgie dentaire de France. Nous avons évidemment travaillé en amont pour arriver aux négociations avec des idées et des pistes de réflexion.
L’implication que nous avons sur les différents sujets ne sera peut-être pas déterminante pour les négociations, mais notre volonté d’aller de l’avant participe à donner une image positive des futurs acteurs de santé publique que nous sommes. Il est fondamental pour nous de montrer que l’UNECD est une structure forte qui peut et veut favoriser le dialogue entre les instances représentatives de l’État, de la profession, et les étudiants. Nous tenons à montrer l’implication des étudiants dans les problématiques professionnelles.
D’ailleurs, nous avons créé l’an dernier le pôle « actualités professionnelles » au sein de l’UNECD, pour informer les étudiants sur des sujets auxquels ils ne sont pas forcément sensibilisés dans les UFR.
 
Quelles thématiques défendez-vous ?

G. M. : L’UNECD s’est positionnée contre le conventionnement sélectif en 2009. Nous avons toujours eu la volonté de nous opposer aux mesures coercitives, d’autant plus qu’aujourd’hui les mesures incitatives se développent de plus en plus. Nous attendons simplement qu’elles commencent à avoir un impact, comme le contrat d’engagement au service public (CESP), par exemple. La répartition intelligente des professionnels de santé sur le territoire est une thématique importante, que nous souhaitons voir appliquée à toute la profession et pas uniquement aux étudiants qui sortiront des facultés dans les années à venir.
Nos remarques ont également porté sur un problème qui limite aujourd’hui l’impact positif de certaines mesures incitatives sur les étudiants : la communication. De nombreux étudiants et professionnels de santé souffrent d’un manque d’informations sur les aides dont ils peuvent bénéficier, ainsi que les zones d’exercice qui pourraient les intéresser.
Il faut dédiaboliser les zones sousdotées. Car il n’a jamais été question de demander aux étudiants de s’installer dans la campagne profonde sans service public mais bien de communiquer sur toutes les zones où il y a de la patientèle en demande, des praticiens qui ne demandent qu’à nous accueillir, et une réelle qualité de vie.cone-beamVous êtes-vous sentis écoutés lors de cette première réunion ?
G. M. :  Étudiants, nous sommes les professionnels de demain et, par conséquent, les premiers concernés par ces négociations. Et nous avons eu le sentiment d’être écoutés ! D’ailleurs, nous ne devions participer qu’à une seule réunion, mais Nicolas Revel, directeur général de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), nous a proposé de nous joindre au prochain groupe de travail portant sur la démographie ainsi que
sur un nouveau mode de zonage que la Cnamts souhaite tester. Ce sera notre donc deuxième et dernière participation.
 
Globalement, quel regard portez-vous sur ces premières semaines de négociations ?

G. M. :  Difficile d’avoir un réel ressenti après une seule réunion ! Cela étant, nous avons la sensation que la Cnamts a de réelles intentions quant à l’évaluation du système, même si les décisions finales reviendront au ministère de la Santé. Mais ne nous voilons pas la face ! Pour que les choses évoluent de manière significative, une réelle refonte du système de financement des soins dentaires est nécessaire, notamment via un rééquilibrage de la balance soins conservateurs/soins à honoraires libres.
Espérons que nous puissions au moins faire évoluer un certain nombre de choses comme l’amélioration de la prévention auprès des populations les plus sensibles, l’extension des mesures actuelles aux personnes atteintes de pathologies de longue durée, en utilisant au mieux la CCAM.
 
Les négociations s’achèvent en décembre, comment les voyez-vous évoluer ?

G. M. : Ces négociations ne représentent pas une révolution en soi. Nous savons bien qu’il est très complexe de réformer en profondeur le système de financement et la répartition des dépenses pour la santé bucco-dentaire des Français. Et le gouvernement a d’autres priorités. Mais nous restons optimistes. Les syndicats ont le choix de signer ou non une nouvelle Convention, d’actualiser celle existante, ou de la dénoncer.
Espérons qu’un accord sera trouvé, nous leur faisons confiance sur ce point.
La prévention devrait être à l’honneur, puisqu’elle fait partie d’un des trois axes mis en avant par la ministre de la Santé, et c’est déjà un élément très positif. Enfin, les sujets comme le conventionnement sélectif et le plafonnement des prothèses sont les éléments sur lesquels les enjeux sont les plus importants pour la profession.
Nous espérons que les décisions prises iront dans l’intérêt de tout le monde.
La participation des étudiants prévue par la loi Santé C’est une première : les « principaux syndicats représentant les étudiants » sont désormais invités à participer aux négociations conventionnelles sur le volet dédié à la démographie. Une mesure introduite par la loi de modernisation de notre système de santé dans le code de la Sécurité sociale (Article L.162-9).
Pour rappel, les négociations – qui réunissent l’Assurance maladie, les syndicats de chirurgiens-dentistes et les complémentaires santé – ont débuté le 22 septembre et pourraient s’achever courant décembre 2016. Les réunions sont organisées autour de thématiques telles que l’accès aux soins, la démographie, la prévention, etc.
 
Propos recueillis par Gersende Guillemain
 
* Un nouveau Bureau a été élu lors du Congrès de l’UNECD à Nice fin octobre. Jérémy Glomet a succédé à Geoffrey Migliardi à la présidence.
 

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