Mobilisation syndicale : les CCDeLi, quésaco ?

 

ccdeli quesacoJeune président de la CNSD d’Ille-et-Vilaine (35), Julien Cardona figure aussi parmi ceux qui sont à l’origine des Cellules de coordination des dentistes libéraux (CCDeLi), ces structures qui accompagnent la fronde des chirurgiens-dentistes contre le règlement arbitral. Il revient sur ce qui a motivé leur création et le rôle complémentaire et bénéfique qu’elles peuvent jouer, selon lui.

 

 

Le Chirurgien-Dentiste de France : Comment est née l’idée des cellules ?
Julien Cardona : Dans notre département et celui du Calvados (14), tout est né du constat qu’un certain nombre de confrères n’étaient pas mobilisés contre le règlement arbitral (RA). Nous avons alors imaginé une instance de communication qui permette de sensibiliser tous les confrères, y compris les non syndiqués et ceux qui n’étaient pas forcément informés de la réalité de la situation. Certains savaient qu’il y avait un règlement arbitral, mais ne connaissaient pas ou mal son contenu.
D’autres n’avaient entendu parler de rien. L’idée était vraiment de pouvoir informer et coordonner tout le monde pour atteindre les confrères au-delà des syndicats. Ainsi, le rôle des CCDeLi est de relayer toutes les informations, dont celles des syndicats, au plus grand nombre, d’être un outil de communication et de centralisation au service, par la suite, des syndicats. Il s’agit aussi, pour motiver les praticiens, de montrer que nous agissions ensemble dans l’intérêt de tous et que des actions sont menées.

 

Quels types d’actions avez-vous réalisés ?
J. C. : Nous avons mené des actions de court et de moyen termes. À court terme, nous avons synchronisé la communication auprès des patients, appelé à la suspension de la télétransmission sur certains actes, et mobilisé les praticiens pour qu’ils noient de courrier la directrice de la Caisse primaire d’assurance maladie en lui demandant des précisions sur la façon d’exercer hors règlement arbitral.
Concernant le moyen terme, nous avons incité les praticiens à alerter leurs élus.


Ainsi, en Ille-et-Vilaine, plus de la moitié des maires soutiennent le mouvement des chirurgiens-dentistes, quel que soit leur camp. Pour tout ce qui est du long terme, ce sont essentiellement des actions juridiques qui relèvent des syndicats, tout comme les négociations. Les CCDeLi ne sont que des outils de communication vers tous les praticiens. Et le jour où les syndicats appelleront à une mobilisation pour faire avancer la situation, nous serons là pour fournir et relayer l’information auprès de tout le monde. Sans ces cellules de coordination, seulement un tiers des praticiens est prévenu.

 

Votre vision complémentaire entre cellule de coordination et syndicat est-elle partagée par tout le monde ?julien cardona 35 itw
J. C. : Dans le département 35, nous avons établi une charte de ce que nous entendons être une cellule de coordination et l’avons diffusée aux autres départements dans un souci d’homogénéité entre les CCDeLi. Pour nous, leur mission est claire : être un outil qui atteint et mobilise tous les chirurgiens-dentistes, surtout ceux qui ne veulent pas entendre parler des syndicats. Nous leur avons aussi expliqué localement qu’au-delà des actions de terrain, sans les syndicats, nous ne pouvons rien faire à terme. Le travail de fond leur revient. D’ailleurs, je ne me serais pas impliqué dans la CCDeLi du 35 s’il s’agissait d’une action antisyndicale. J’y travaille avec l’UD et la FSDL pour communiquer sur une ligne commune pour être efficace pour la profession. Le tout, ici, est de faire de la communication sur le mouvement, et chaque syndicat fait ensuite son travail de syndicat.

 

Quelle doit être la pérennité de ces cellules ?
J. C. : Nous voulons créer des CCDeLi sur tout le territoire et rester actifs tant que cela est nécessaire, par exemple pour accompagner l’éventuelle réouverture de négociations de la Convention. Si demain le règlement arbitral est retiré et une nouvelle convention adoptée, les cellules n’auront plus lieu d’exister.
Elles deviendront des structures dormantes qui pourront être réactivées en cas de besoin de mobilisation générale de la profession pour appuyer les syndicats.

 

Comment les actions des CCDeLi ont-elles été perçues par les confrères non syndiqués ?
J. C. : C’est un peu trop tôt pour le dire. J’espère que, sans faire de prosélytisme, cela aura été un moyen de faire comprendre que les actions de terrain ne peuvent pas aboutir à des choses concrètes sans l’action déterminante des syndicats. Si les cellules de coordination fonctionnent partout avec une démarche intelligente et que les syndicats jouent le jeu, cela ne peut qu’être positif pour eux. Et la CNSD a les moyens de tirer profit de la meilleure compréhension du rôle des syndicats grâce à l’action d’information des CCDeLi. Cela peut aussi l’aider à faire comprendre que la Confédération n’a rien avoir avec ce qu’elle était il y a quelques temps.

 

Propos recueillis par Lucien Sague

 

 Lire l'interview de Thierry Soulié, Secrétaire général de la CNSD

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