Cancers masculins : un mois pour lever le tabou

 

homme moustache cancerMême s’il diminue régulièrement depuis 1980, le taux de mortalité par cancer chez les hommes reste plus élevé que celui des femmes. De par leur physiologie, ils sont exposés à des cancers spécifiquement masculins, et souvent encore tabous, tels que ceux de la prostate, des testicules ou du pénis. Pour lever le voile, le mois de novembre est consacré à la prévention masculine avec le mouvement Movember, réplique d’Octobre rose.

 

Octobre est le mois de sensibilisation au cancer du sein. Novembre, celui des cancers de la prostate, des testicules et du pénis. Des cancers masculins dont on parle assez peu mais qui n’en demeurent pas moins courants. Avec près de 54 000 nouveaux cas estimés en France en 2015, « le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent, à la fois chez l’homme et dans l’ensemble de la population », rappelle l’Institut national du cancer. Il est également le troisième plus meurtrier (8 713 morts en 2015) derrière ceux du poumon et colorectaux, même si, depuis 1990, la mortalité a diminué de façon régulière grâce à l’amélioration des traitements et au dépistage permettant des diagnostics précoces1. Le cancer des testicules ne doit pas non plus être négligé. Premier cancer chez l’homme jeune, il est à l’origine de 80 décès chaque année en France et 2 300 nouveaux cas par an.

 

Moustaches et défis sportifs

 

Depuis quelques années, pour lever le tabou et pallier l’absence d’information des patients, une mobilisation a lieu en novembre autour de la santé masculine. Le mouvement Movember (contraction de « moustache » et de « november ») en est le fer de lance. Son action phare est d’encourager les hommes à se laisser pousser la moustache durant un mois pour sensibiliser au dépistage et récolter des fonds destinés à la recherche.
« Moustache de camionneur, de régent, de connaisseur ou fine moustache », messieurs, faites votre choix : « quels que soient la forme ou le style de votre moustache pour Movember, votre visage peut motiver des dons, lancer des conversations et inspirer un vrai changement », clament les organisateurs2.
Mais bien d’autres manifestations sont organisées, tels des défis sportifs.

 

Pas de programme de dépistage

 

Cette mobilisation est d’autant plus importante qu’il n’existe pas, pour les cancers masculins, de programme de dépistage organisé comme pour le cancer du sein chez les femmes de plus de 50 ans. D’ailleurs, pour la prostate, dont le cancer est d’évolution généralement lente3, le dépistage fait débat au sein de la communauté scientifique, notamment autour des bénéfices du dosage du PSA (protéine prostatique). D’une part, un taux de PSA élevé n’est pas assez fiable pour poser un diagnostic et doit être suivi d’une biopsie, un acte simple mais invasif. D’autre part, certains cancers de la prostate, peu évolutifs, risquent d’être traités inutilement. En conséquence, le discours en France, mais aussi à l’international, consiste, après l’information au patient, à dépister au cas par cas par dosage du PSA et/ou toucher rectal.

 

« Votre moustache peut lancer des conversations et inspirer un vrai changement »

Les organisateurs de Movember

 

Du côté du dépistage du cancer des testicules, les professionnels de santé encouragent les hommes à procéder régulièrement à un autoexamen afin de vérifier notamment la taille et la forme de leurs testicules. Un examen de palpation peut également être réalisé en consultation par un urologue. Le cancer du pénis, lui, est souvent visible à l’oeil nu. Toutes rougeurs, indurations, boursouflures, lésions ou douleurs doivent être signalées à un urologue.

 

Louise Dobel

CDF n°1773 du 2 novembre 2017

 

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1. On a ainsi, à titre d’exemple, pu constater une diminution de 4 % par an en moyenne du taux de mortalité entre 2005 et 2009.
2. Fondation Movember.
3. Il est très rare avant 50 ans et son incidence augmente progressivement avec l’âge. L’âge moyen au moment du diagnostic est de près de 70 ans.

 

 

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