Mobilisons-nous !

visuel fermeture cabinets homeTrop, c’est trop

Mobilisons-nous !

Après la campagne d’affichage « 25 ans de blocage », après la pétition praticiens, après les opérations de communication et de « tags », la CNSD est plus que jamais déterminée à mener de nouvelles actions* destinées à mettre en avant la volonté de la profession à faire bouger les lignes.
Questions à Catherine Mojaïsky, présidente confédérale.



CDF : Pouvez-vous nous rappeler les actions déjà engagées ?

cm juin2013C. M. : À l’occasion des 25 ans de blocage des lettres-clés SPR et TO, nous avons lancé une campagne d’affichage dans les cabinets dentaires. Nous avons demandé à nos confrères de nous faire envoyer des photos in situ… Les retours ont été nombreux, mais il est encore temps de nous en faire parvenir !
Fin novembre a été lancée la pétition « Il est urgent de soigner la chirurgie-dentaire » via le site cnsd.fr. Après un démarrage en fanfare, le rythme s’est ralenti. Il reste encore un mois pour engranger un maximum de signatures et faire connaître à la ministre de la Santé la volonté de la profession de réformer le système. Localement, les syndicats départementaux ont « décoré » de tags stigmatisant les 25 ans de non-revalorisation les trottoirs de leurs villes, devant des lieux emblématiques. Leur démarche a souvent suscité des réactions de la presse régionale.

« Paroles de chirs-dents », un recueil de témoignages, nous avait semblé une porte ouverte attractive et accessible à tous les praticiens. Nous avons eu très peu de retours, les chirurgiens-dentistes n’auraient-ils rien à raconter ? N’ont-ils pas envie que le public connaisse la réalité de leur exercice, leurs bonheurs et leurs angoisses, leurs colères et leurs frustrations ? Il n’est pas trop tard !


CDF : Le 23 janvier, une conférence de presse nationale s’est tenue pour expliquer les raisons et les objectifs de vos actions. Quel message souhaitez-vous faire passer ?

C. M. : Nous souhaitons rappeler que, sans restructuration de notre exercice, le système va exploser. Entre la stagnation des tarifs opposables et les menaces qui pèsent sur nos honoraires libres, dans un contexte de crise économique et d’évolutions règlementaires, sociales et fiscales, c’est la survie de nos cabinets qui est en cause ainsi que l’accès à des soins de qualité. Entre le système conventionnel et le système concurrentiel, notre choix est fait, nos dernières Universités d’été nous ont confortés dans ce sens, et nous ferons tout pour que le premier perdure dans un contexte gagnant-gagnant. Ce qui suppose de lui redonner un peu de crédibilité !

CDF : Quelles sont ces nouvelles actions ?

C. M. : Tout d’abord, nous lançons une pétition destinée à recueillir le soutien de nos patients et intitulée « Ensemble, mobilisons-nous pour faire bouger la Sécu ». Téléchargeable ici, elle devrait être renvoyée avec les signatures au syndicat départemental au plus tard le 17 février 2014. Puis, le lundi 3 février, nous demandons à nos confrères de fermer leurs cabinets en enregistrant sur leur répondeur le message suivant : « Les remboursements de la prothèse et de l’orthodontie n’ont pas augmenté depuis 25 ans. C’est contre ce blocage et pour vous permettre un meilleur remboursement que votre chirurgien-dentiste se bat. Voilà pourquoi le cabinet dentaire restera fermé aujourd’hui ». Je sais que beaucoup ont des carnets de rendez-vous surchargés, et que le délai est court, mais c’est le meilleur moyen d’exprimer collectivement notre mécontentement ! La demande d’action qui monte du peuple des chirurgiens-dentistes est forte. Je ne peux pas imaginer que nos confrères ne saisissent pas cette occasion ! Quand on veut, quand on a des choses à exprimer, on peut toujours ! Dans la foulée, du 4 au 8 février, c’est une consigne de blocage de la télétransmission que nous lançons. L’afflux des feuilles papier dans les centres de liquidation doit être massif !

 

CDF : Rien sur les gardes ?

C. M. : Depuis un an et demi, nous sommes dans l’attente du décret d’application qui permettra la mise en œuvre de la régulation, préalable à la rémunération de l’astreinte (75 €) et de la majoration spécifique (30 €) dans le cadre de la permanence des soins. Le cabinet de la ministre nous l’avait promis pour la fin 2013, mais un nouveau report est annoncé. Notre patience a atteint ses limites, c’est donc une suspension des gardes que nous lançons à partir du 2 février. Cette action durera jusqu’à ce que les dispositions signées dans l’avenant n°2 s’appliquent ! Les confrères concernés sont invités à se rapprocher de leur syndicat départemental qui leur indiquera la procédure à respecter.

 

CDF : Que comptez-vous faire des pétitions ?

C. M. : Elles seront déposées le 27 février au ministère de la Santé. J’espère vraiment que le nombre de signataires reflétera la volonté de changement de la profession.

CDF : Ne craignez-vous pas que l’on vous oppose la contradiction à travailler d’une part à la mise en place le 1er juin de la CCAM, souhaitée par la CNSD, et d’autre part à lancer des actions ?

C. M. : Si nous avons entrepris de bouleverser la nomenclature, c’est en raison de son obsolescence, de la stagnation de nos tarifs et du différentiel croissant entre les remboursements et les vrais coûts, avec comme conséquence : intervention croissante de l’assurance complémentaire, déséquilibres démographiques, écarts croissants entre les revenus des chirurgiens-dentistes selon leurs choix d’exercice et leur type d’activité, perte d’attractivité pour les actes sous-valorisés, défiance vis-à-vis de nos coûts et pratiques… Il fallait sortir de ce système pour ne pas rester bloqués et espérer faire évoluer notre exercice. Le passage en CCAM est une première étape. Mais en termes de revalorisations, la tartine est bien mince. Nous sommes allés au bout de la négociation et de ce qu'il était possible d'obtenir. La restructuration de notre exercice reste donc à faire, à partir de ce nouvel outil, dans le cadre conventionnel tripartite. Les décideurs doivent savoir qu’il ne faut pas s’arrêter à ce stade. Tout reste à faire, c’est la raison de cette série d’actions. Il faut leur dire : « Vous n’en avez pas fini avec nous ! »

CDF : Peut-on envisager des actions communes avec d’autres syndicats ?

C. M. : Les autres syndicats sont aujourd’hui des freins, voire des boulets, à notre volonté d’avancer et certainement pas des soutiens. Mais il va de soi que la volonté de changement n’a pas de barrières, et nous appelons toute la profession à soutenir les actions que nous lançons, au-delà de nos seuls syndiqués. Il existe toutefois des sujets consensuels : ainsi, toute la profession se mobilisera le 14 mars à Paris pour exiger des pouvoirs publics la fermeture des deux structures privées CLESI (ex-Pessoa) à Toulon et à Béziers. Nous reviendrons sur cette action dans les prochains numéros.

 

 

 

 Les principales actions 2014

 

* Affichettes et documents téléchargeables ci-dessous
Pétition à destination des patients à télécharger ici
Affichette "Gardes suspendues " à télécharger ici

Affichette "Cabinet dentaire en grève" à télécharger ici
Affichette "La télétransmission est bloquée" à télécharger ici

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