Souffrance des soignants : enquête annuelle de SPS

 

enquete sps qualite vieL’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS), en collaboration avec l’Observatoire national de la santé des chirurgiens-dentistes (ONSCD), lance sa grande enquête annuelle. SPS organise tous les ans, en partenariat avec la société STETHOS/EXAFIELD, des études pour mettre en lumière des idées et actions en vue d’améliorer la qualité de vie au travail des soignants.

 

 

 

Cette année, l’étude portée par SPS a pour objectif de quantifier le nombre de suicides et de comportements suicidaires, ainsi que l’impact du suicide dans l’entourage du professionnel de santé.

 

Vous avez jusqu'au 21 novembre pour répondre à cette enquête.

 

Merci de prendre quelques minutes pour répondre au questionnaire en cliquant ici

 

 

Les conclusions de cette enquête seront mises en avant lors du 3e Colloque National de SPS « Quelles innovations dans la prise en charge des professionnels de santé rendus vulnérables ? » organisé le 11 décembre 2017 au ministère de la Santé, colloque auquel la CNSD participera.

 

Enquête 2016

La grande majorité des répondants exercent en libéral. L’enquête a été menée par internet du 19 septembre au 10 octobre 2016. Plus de 4 000 professionnels de santé y ont répondu.


Parmi eux, 25 % sont kinésithérapeutes et un peu plus de 20 % sont médecins.
Viennent ensuite les orthophonistes, les infirmiers, les podologues, les pharmaciens, les chirurgiens-dentistes.
Les trois quarts des répondants exercent exclusivement en milieu libéral.


En situation de souffrance, les trois quarts chercheraient de l’aide...
Les professionnels de santé, tant en libéral qu’à l’hôpital, seraient plus de 75 % à chercher de l’aide s’ils se retrouvaient un jour dans une situation de souffrance psychologique (syndrome d’épuisement professionnel ou burn out, comportement(s) addictif(s)...).


Les femmes seraient, en outre, plus enclines à se faire aider, par rapport aux hommes (79 % contre 69 %).

 

 

 

 

Voir la brochure SPS en cliquant sur l'image ci-dessous

 

brochure sps

 

En savoir + sur le SPS

 

pave ligne ecoute 2017

 

Cancers masculins : un mois pour lever le tabou

 

homme moustache cancerMême s’il diminue régulièrement depuis 1980, le taux de mortalité par cancer chez les hommes reste plus élevé que celui des femmes. De par leur physiologie, ils sont exposés à des cancers spécifiquement masculins, et souvent encore tabous, tels que ceux de la prostate, des testicules ou du pénis. Pour lever le voile, le mois de novembre est consacré à la prévention masculine avec le mouvement Movember, réplique d’Octobre rose.

 

Octobre est le mois de sensibilisation au cancer du sein. Novembre, celui des cancers de la prostate, des testicules et du pénis. Des cancers masculins dont on parle assez peu mais qui n’en demeurent pas moins courants. Avec près de 54 000 nouveaux cas estimés en France en 2015, « le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent, à la fois chez l’homme et dans l’ensemble de la population », rappelle l’Institut national du cancer. Il est également le troisième plus meurtrier (8 713 morts en 2015) derrière ceux du poumon et colorectaux, même si, depuis 1990, la mortalité a diminué de façon régulière grâce à l’amélioration des traitements et au dépistage permettant des diagnostics précoces1. Le cancer des testicules ne doit pas non plus être négligé. Premier cancer chez l’homme jeune, il est à l’origine de 80 décès chaque année en France et 2 300 nouveaux cas par an.

 

Moustaches et défis sportifs

 

Depuis quelques années, pour lever le tabou et pallier l’absence d’information des patients, une mobilisation a lieu en novembre autour de la santé masculine. Le mouvement Movember (contraction de « moustache » et de « november ») en est le fer de lance. Son action phare est d’encourager les hommes à se laisser pousser la moustache durant un mois pour sensibiliser au dépistage et récolter des fonds destinés à la recherche.
« Moustache de camionneur, de régent, de connaisseur ou fine moustache », messieurs, faites votre choix : « quels que soient la forme ou le style de votre moustache pour Movember, votre visage peut motiver des dons, lancer des conversations et inspirer un vrai changement », clament les organisateurs2.
Mais bien d’autres manifestations sont organisées, tels des défis sportifs.

 

Pas de programme de dépistage

 

Cette mobilisation est d’autant plus importante qu’il n’existe pas, pour les cancers masculins, de programme de dépistage organisé comme pour le cancer du sein chez les femmes de plus de 50 ans. D’ailleurs, pour la prostate, dont le cancer est d’évolution généralement lente3, le dépistage fait débat au sein de la communauté scientifique, notamment autour des bénéfices du dosage du PSA (protéine prostatique). D’une part, un taux de PSA élevé n’est pas assez fiable pour poser un diagnostic et doit être suivi d’une biopsie, un acte simple mais invasif. D’autre part, certains cancers de la prostate, peu évolutifs, risquent d’être traités inutilement. En conséquence, le discours en France, mais aussi à l’international, consiste, après l’information au patient, à dépister au cas par cas par dosage du PSA et/ou toucher rectal.

 

« Votre moustache peut lancer des conversations et inspirer un vrai changement »

Les organisateurs de Movember

 

Du côté du dépistage du cancer des testicules, les professionnels de santé encouragent les hommes à procéder régulièrement à un autoexamen afin de vérifier notamment la taille et la forme de leurs testicules. Un examen de palpation peut également être réalisé en consultation par un urologue. Le cancer du pénis, lui, est souvent visible à l’oeil nu. Toutes rougeurs, indurations, boursouflures, lésions ou douleurs doivent être signalées à un urologue.

 

Louise Dobel

CDF n°1773 du 2 novembre 2017

 

__________________________

 

1. On a ainsi, à titre d’exemple, pu constater une diminution de 4 % par an en moyenne du taux de mortalité entre 2005 et 2009.
2. Fondation Movember.
3. Il est très rare avant 50 ans et son incidence augmente progressivement avec l’âge. L’âge moyen au moment du diagnostic est de près de 70 ans.

 

 

Réflexions : L'acte médical gratuit n'a pas de prix !

 

iceberg glaceAvec la multiplication des « normes sanitaires » prévoyant implicitement des actes sans contrepartie ou laissant penser à la gratuité d’autres actes, le concept de la gratuité en médecine devient confus, voire insaisissable…

 

On profite du « gratuit » sans payer, car il est offert sans contrepartie dit Le Robert. Si on laisse de côté l’acte gratuit « négatif », son contraire, « positif », se voudrait être la manifestation d’une générosité, un geste de charité ou de bienveillance, un élan d’amour envers son prochain…
L’acte « gratuit » ne peut avoir une valeur nulle, autrement il n’aurait pas d’existence ! Même s’il est généreusement dispensé, il a bien coûté à son auteur, nécessité un effort, un investissement, ou les deux. En laissant aux sociologues dont les opinions ne sont pas toujours miennes le soin de conceptualiser le gratuit gratifiant et l’acte désintéressé mais intéressant, la gratuité ne peut donc être entendue comme une valeur nulle des biens et des actes médicaux. Ce serait un non-sens.

 

Valeur non calculée

 

Un acte médical, quand bien même il serait qualifié dans les textes réglementaires de « gratuit », est simplement une charge (une mission) à assurer par le praticien qualifié qui l’exécute. Seule circonstance particulière, son honoraire n’est pas payé et, souvent, sa valeur n’est pas calculée. Mais tous les autres paramètres de la relation médicale demeurent, notamment la responsabilité de l’exécutant.

 

Même s'il est généreusement dispensé, l'acte « gratuit » a bien coûté à son auteur

 

Ainsi, la convention dentaire prévoyait (art. 4.2.2 - 1, 2e alinéa) que « pour les assurés bénéficiaires d’actes dispensés à titre gratuit, le chirurgien-dentiste porte, sur la feuille de soins, la mention “acte gratuit” ». Il n’y a pas d’autres précisions, dans le texte conventionnel, pour mieux saisir les circonstances de cet « acte gratuit ». On comprend seulement que le chirurgien-dentiste est amené, dans le cadre de son exercice conventionné, à en réaliser.

 

L’honoraire n'est pas un prix

 

L’acte gratuit n’est pas la consultation d’équilibration, par exemple, faisant suite à la pose d’une prothèse et qui est, techniquement, intégrée dans l’acte « prothèse », et ne peut être qualifiée de consultation gratuite. De fait, et à de rares exceptions, tous les actes médicaux sont aujourd’hui listés dans la nomenclature CCAM qui précise le tarif de chacun. Ce tarif opposable (dans le cadre conventionnel) de chaque acte correspond à l’honoraire plafond que perçoit le praticien conventionné pour sa réalisation.
Le principe de l’acte global qui gouverne la nomenclature implique que l’ensemble des gestes qui concourent à sa réalisation soient inclus dans l’acte ; il interdit que ces gestes puissent être qualifiés d’actes gratuits.

L’honoraire correspond à l’ensemble des gestes réalisés pour accomplir l’acte. Parfois la nomenclature précise ces gestes « optionnels », comme pour l’anesthésie locale.
Cette anesthésie n’est pas, selon les termes de la CCAM, un acte gratuit. Elle est intégrée à l’acte qui la rend nécessaire !
Alors que l’acte gratuit serait, par exemple, le rescellement d’une couronne, réalisée en même temps que la consultation.
L’acte n’est pas explicitement gratuit. Ce n’est pas le praticien qui souhaite dispenser le patient de l’honoraire correspondant.
Ce sont les textes réglementaires qui interdisent de facturer un autre acte avec la consultation. Autrement dit, de facto, les règles de facturation obligent le praticien à réaliser un acte gratuit.

 

Un acte « anormal » de gestion

 

Pour l’administration fiscale, l’acte gratuit s’analyse comme une « renonciation à recette » pouvant être qualifiée d’acte « anormal » de gestion. Le juge administratif suprême a dégagé une règle permettant au fisc d’intégrer la valeur de l’acte gratuit dans les recettes des professionnels libéraux !

 

La gratuité ne peut être entendue comme une valeur nulle des biens et des actes médicauxzero pour cent

 

« Si ces contribuables sont, en principe, sous réserve en ce qui concerne les professions libérales et les professions réglementées du contrôle qu’exercent les instances de supervision spécialement instituées à cet effet, seuls juges de l’opportunité des décisions qu’ils prennent, l’administration est cependant fondée à réintégrer dans leur résultat imposable le montant des recettes non déclarées qu’ils n’auraient normalement pas dû renoncer à percevoir. Tel est le cas lorsque la renonciation en cause est dépourvue de contrepartie équivalente pour ces contribuables, qu’elle ne peut être regardée comme relevant de l’exercice normal de leur profession ou d’une pratique normale dans le cadre de leur occupation ou qu’elle n’est justifiée par aucun autre motif légitime. » (CE 23 déc. 2013, n° 350075).

 

Pour l'administration fiscale, l'acte gratuit s'analyse comme une « renonciation à recette »

 

Autrement dit, l’acte gratuit, s’il ne correspond pas à un usage de la profession, coûtera le double au praticien : d’abord par sa réalisation, ensuite par son « intégration » fiscale !

 

Le subjectivement gratuit

 

Avec la multiplication des cas de tiers-payant légal (CMU, ACS, AME) et davantage avec le tiers-payant généralisé, tout acte médical devient « gratuit », une perception partagée par l’immense majorité. La technicité de l’acte, son coût réel souvent difficile à évaluer par le profane et, surtout, le fait de le recevoir sans contrepartie visible, achève de transformer la médecine dans toutes ses composantes en un ensemble d’actes gratuits dans le sens où le bénéficiaire en ignore totalement le prix effectif, la valeur réelle.
Hélas, lorsqu’un patient sort d’une consultation « non facturable » et qu’il demande : « comment je paie ? » (sous-entendu chèque, C.B., espèces), la réponse réflexe du chirurgien-dentiste est souvent : « c’est gratuit ». Il faudrait peut-être se reprendre.
« C’est offert ! » serait une réponse plus exacte. Car, il y a forcément quelqu’un qui paie, a payé ou paiera.

 

 A lire également dans le CDF n°1772 du 26 octobre 2017 (page 34),
le point de vue de Frédéric Pierru, Sociologue.

 

 

 

Site développé par Médialis