Les chirurgiens-dentistes, acteurs de la lutte contre l'antibiorésistance

 

vache antibiotiquesSelon l’OMS, l’antibiorésistance constitue l’une des principales menaces sanitaires mondiales. Il est donc fondamental que les chirurgiens-dentistes s’engagent, à leur mesure, contre ce risque prégnant.

 

Répondre à l’enquête nationale pour cerner les perceptions, attitudes et pratiques de la profession en matière d’antibiothérapie, est indispensable.enquete loupe

 

 

Selon les résultats, un aménagement des recommandations et de leur mode de diffusion sera envisagé. Ce n’est que par une vision correcte de la situation en médecine bucco-dentaire que des mesures seront prises en parfaite adéquation. La balle est donc dans votre camp, la consolidation de votre statut « médical » en dépend !

 

Les vacances approchent, et vous pourrez sans doute accorder dix minutes de votre temps à cette enquête anonyme.

 

 

Pour participer à l’enquête : cliquez ici

 



 

Toxicité des LED : Praticiens, ouvrez l'œil !

 

led lampes cabinetsUn chirurgien-dentiste passe 2 000 heures par an sous un éclairage LED, dont les ondes bleues dévorent son capital « lumière ».

Dans l’attente d’une réglementation protectrice, Guy Cerf, représentant ADF à l’Afnor et à l’ISO, vous prodigue quelques conseils pour choisir les ampoules dans votre cabinet.

 

En 2005, la Commission européenne a imposé l’abandon progressif des ampoules incandescentes et leur remplacement par des ampoules LED, cinq à dix fois moins consommatrices d’énergie. Actuellement, dans nos cabinets dentaires, les éclairages à LED s’imposent au niveau de nos scialytiques, luminaires plafonniers ou instruments rotatifs.
Mais attention, toutes les LED ne sont pas de même qualité et beaucoup présentent, en particulier, un risque spécifique lié à un pic de bleu, non perceptible par nos yeux.

 

Rétine non protégée

 

La contraction de la pupille est un mécanisme physiologique de protection de l’œil contre l’agressivité lumineuse. La structure spectrale des LED froides (6 500° K) présente une pointe de bleu non détectée par l’œil, ce qui trompe le réflexe pupillaire. La rétine n’est plus protégée d’un excès d’éclairement de ces bleus toxiques.
La lumière bleue possède une courte longueur d’onde et produit donc une plus grande quantité d’énergie. Ces longueurs d’onde bleue, de haute énergie visible (HEV), scintillent plus facilement que les longueurs d’onde plus faible. Ce type de scintillement provoque un éblouissement qui peut réduire le contraste et affecter l’acuité visuelle, et être la cause de fatigues visuelles, maux de tête, et d’accélération du vieillissement de l’oeil (DMLA, cataracte, rétinite).

 

graph couleur led 1

Dérégulation du rythme biologique

 

D’autre part, la répartition spectrale de la plupart des LED n’est pas équilibrée, et l’éclairement manque de certaines couleurs.
Ces LED donnent du blanc par un mélange de bleu et de jaune principalement.
Or, il faudrait que la proportion de toutes les couleurs du spectre soit similaire à celle de la lumière naturelle du jour, sans quoi toute différence entre la lumière artificielle et la lumière naturelle dérégulera nos rythmes physiologiques : sommeil, vigilance, digestion, humeur, etc. De plus, c’est la porte ouverte à l’altération de la vision des couleurs qui, dans notre exercice, est un point essentiel.
Les études scientifiques, en particulier celles de l’Inserm*, démontrent que le potentiel de toxicité sur la rétine dépend à la fois de l’intensité de la lumière et des longueurs d’ondes qui la composent. Elles prouvent aussi que l’excès de lumière bleue HEV est un facteur aggravant notable de la cataracte, de l’accélération de la DMLA et, en général, du vieillissement prématuré de l’œil, avec nécrose cellulaire. Or, il faut savoir qu’en se nécrosant, une cellule endommage ses voisines.
Nous avons un « capital lumière » tout comme notre peau possède un « capital soleil ». Il faut le protéger.

 

Modifier les normesgraph couleur led 2

 

La norme internationale ISO 9680 sur les appareils d’éclairage dentaire avait écarté, au niveau du rendu des couleurs, les éclairages à LED car, actuellement, aucune norme de « qualité » n’a été publiée sur les LED. Ainsi, certains fabricants mettent sur le marché des éclairages opératoires de mauvaise qualité, et même dangereux pour nos yeux. Nous passons près de 2 000 heures par an sous l’éclairage de ces derniers et le danger vient, en particulier, de l’omniprésence de cette lumière bleue (HEV) et de sa réflexion sur les dents.
L’ADF, par le biais de ses représentants au niveau des commissions Afnor et ISO, où ils siègent avec certains fabricants, notamment français, se bat pour une modification rapide de la norme sur les éclairages opératoires.
Lors de la dernière réunion internationale ISO, il a été décidé d’inclure les normes de qualité spectrale spécifique aux LED, qui doivent sortir incessamment, ainsi qu’une information sur les dangers des longueurs d’onde bleue HEV. Ces dernières devraient être limitées au maximum. Avant que la normalisation ne fasse son œuvre, il convient donc de se montrer très vigilant.

 

Par Guy Cerf
Expert représentant l’ADF à l’Afnor et l’ISO (sous mandat CNSD)

 

 

Conseils

 

Zones d’accueil, salle d’attente et à votre domicile
Préférez le blanc chaud 2 700 à 4 000° K, qui ne présente pas de pointe de bleu dans ces températures de couleur.
Veillez toutefois à ce que les LED soient masquées par un diffuseur opaque pour éviter l’éblouissement.

 

Dans la salle de soins

  • Privilégiez les LED de température de couleur 4 500-5 000° K (blanc neutre) et les LED reproduisant la lumière naturelle du jour et dispensant un spectre de lumière le plus équilibré possible.
  • Évitez d’utiliser les LED de vos loupes : elles sont à 6500° K, voire plus, donc nocives.
  • Pour les instruments rotatifs, optez pour des lampes LED à 4 500° K maximum.
  • Faites très attention à la puissance lumineuse, que ce soit pour les éclairages opératoires ou pour les lampes à polymériser qui, elles, n’émettent que dans le bleu HEV (385-515 nm).

 

Lors de la conception ou du réaménagement d’un plateau technique, il faut instaurer un équilibre lumineux adéquat entre les éclairages de la salle de soins, le plafonnier, le scialytique et les instruments rotatifs pour assurer un confort visuel et bien gérer les contrastes. Les fournisseurs doivent vous accompagner dans vos choix, pourvu que vous leur montriez votre niveau d’exigence.

 

En conclusion, la formule optimale conjuguera obligatoirement spectre de lumière, puissance d’éclairement et gestion des contrastes.

 

 

 

C'était Madame Simone Veil

Unanimement reconnue comme étant la femme d'exception qui a marqué en profondeur la seconde moitié du XXe siècle, la CNSD se souvient qu'elle a été ministre de la Santé et de la Famille sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing.


Je garde le souvenir marquant de la rencontre qu’elle avait accordée le 22 septembre 1978 à une délégation du Bureau confédéral composée de Jacques Monnot, Philippe Dupuis et moi-même. Au cours de notre jeune carrière de responsables confédéraux, nous avions rencontré nombre de ministres. Mais cette fois, nous avions rendez-vous avec une femme qui possédait l’aura très impressionnante d’une déportée à Auschwitz et d’une ministre qui, face à l’hémicycle très masculin de l’Assemblée nationale, avait fait voter avec autorité, mais aussi avec sa sensibilité de femme, sa loi sur l’interruption volontaire de grossesse.

Nous nous sommes rendus au ministère de la Santé sans appréhension, mais émus d’avoir à rencontrer Simone Veil. Elle nous a accueilli à l’heure précise dans son bureau au mobilier moderne, impeccablement coiffée. Son visage était encore juvénile.

Nous voulions rencontrer la ministre pour lui faire part des réalités de notre profession mal comprise par les structures du pouvoir. Nous avons évoqué tout ce qui concernait la politique de santé bucco-dentaire : les problèmes conventionnels, la revalorisation des actes conservateurs et de prévention, l’insuffisance des tarifs opposables des honoraires des actes d’orthodontie, la formation de nos assistantes, les moyens d’améliorer la formation continue... Nous avons été écoutés avec intérêt.

Puis, la prévoyance a été abordée, notamment la question des retraites. Jeunes responsables, nous étions indignés d’être 
obligés de participer sur nos propres collectes à l’équilibre des caisses de retraite du monde agricole ! La réponse de Madame Veil a été cinglante. Son regard gris vert est devenu étincelant, puis sombre. 

Avec vivacité, elle nous a répondu que dans une société humaine, il fallait participer à l’effort commun et que les plus forts protègent les plus faibles. Assis dans des fauteuils confortables, nous n’avions 
plus qu’à nous y enfoncer encore plus profondément en baissant la tête.

J’avais remarqué que la peinture laquée gris beige de son bureau moderne était écaillée là où elle posait ses mains. Ses 
manifestations d’humeur devaient s’accompagner de la frappe de ses bagues sur les bords de son bureau lorsqu’elle exprimait sa véhémence. C’était une femme de caractère.




De cette rencontre, nous avions tiré une 
leçon : mieux préparer nos entrevues ministérielles afin de connaître l’état d’esprit du ministre que nous devions rencontrer et préparer avec encore plus de précisions nos dossiers.

Simone Veil allait bientôt quitter son poste, Raymond Barre, devenant Premier ministre, succédant à Jacques Chirac. Il ne portait pas une attention très favorable aux chirurgiens-dentistes. Le président Giscard d’Estaing avait même déclaré que « les chirurgiens-dentistes ne le faisaient pas pleurer »...

Quelques années plus tard, en 1981, nous allons rendre visite à un nouveau ministre femme de la Santé, Madame Questiaux. L’ambiance n’était plus la même, les socialistes avaient pris le pouvoir. Nos problèmes restaient très présents…

Au ministère, on avait supprimé les huissiers. Cela ne faisait pas assez « peuple ». Les délégations de syndicats de salariés oriflammes en tête envahissaient les salons d’attente et les couloirs. Quant au bureau laqué de Madame Veil, le nouveau pouvoir mit fin à son emploi ministériel. Le meuble avait été déposé avant son déménagement définitif dans le petit salon d’attente où l’on nous avait confinés. Il était facile de le reconnaître, les écailles de la peinture laquée étaient toujours là, témoins de la trempe d’un ministre d’exception.

Pour la petite histoire, il faudra attendre le ministère de Pierre Bérégovoy pour que, sur l’impulsion de la CNSD, les actes d’orthodontie 
sortent de l’opposabilité.

Au moment où je fais part de mes souvenirs, le Bureau confédéral rencontre la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Oui, c’est vraiment un combat de longue haleine que le combat syndical.


Guy Robert,
secrétaire général d'honneur

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