Zéro reste à charge en dentaire... que de confusions !

 

cp home 2016Pour équilibrer toutes les annonces atteignant le pouvoir d’achat des Français, le candidat Emmanuel Macron avait lancé lors d’un meeting électoral la promesse d’un zéro reste à charge à l’horizon 2022 pour les actes bucco-dentaires, délaissés depuis des dizaines d’années par l’Assurance maladie. Promesse réitérée hier par Edouard Philippe, Premier ministre, lors du discours de politique générale.

 

La CNSD met en garde le gouvernement sur une approche démagogique, simpliste, qui pourrait mettre en difficulté les entreprises cabinets dentaires et par ricochet, l’accès aux soins des Français.

 

La CNSD rappelle que 80 % des actes réalisés par les chirurgiens-dentistes le sont à des tarifs opposables, fixés par la Sécurité sociale, sans dépassement et dont le reste à charge est remboursé par les assurances complémentaires. Ces actes qui concernent la prévention, les soins de caries, les traitements des racines et la chirurgie, permettent aux patients de rester en bonne santé dentaire, sous réserve qu’ils n’attendent pas le dernier moment pour se rendre chez leur chirurgien-dentiste.

La CNSD insiste sur le fait que le tarif imposé de ces actes ne permet aucunement de couvrir le coût réel de fonctionnement d’un cabinet dentaire.


C’est la liberté tarifaire aujourd’hui remise en cause et concédée par les pouvoirs publics dans les années 1980, qui a permis aux chirurgiens-dentistes de continuer à investir et préserver la qualité et la sécurité des soins. Ainsi, avant d’envisager le zéro reste à charge, il faudra que le gouvernement aborde le problème par le bon bout en commençant par corriger les incohérences tarifaires.

 

En 2015, comme en attestent les comptes nationaux de la santé, sur les 10,7 milliards d’euros de dépenses dentaires, 4 milliards ont été remboursés par les financeurs publics, 4,3 milliards par les assureurs privés et 2,4 milliards restaient à la charge des ménages, soit 22,4 %. Ce pourcentage n’a pas évolué depuis des dizaines d’années et représente 40 € par an et par Français.

 

La CNSD a toujours su prendre et assumer ses responsabilités, et sera un interlocuteur impliqué dans une réforme qui pourrait permettre au gouvernement de tenir ses engagements. Mais elle ne s’engagera pas dans des évolutions qui ne tiennent pas compte de tous les actes de soins sous-valorisés qui empoisonnent le quotidien des praticiens, et qui les empêchent de proposer une médecine bucco-dentaire digne du XXIème siècle.

 

Tous ces actes devront bénéficier d’un investissement massif, dans le cadre d’un nouveau panier de soins intégrant les techniques actuelles et à venir : c’est uniquement à cette condition que le périmètre d’un zéro reste à charge aura des chances d’être atteint.

 

La CNSD est prête à relever ce défi ambitieux dans le cadre de relations conventionnelles nouvelles.

 

Téléchargez le communiqué de presse du 5 juillet 2017

 



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