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Les Cahiers du CDF

Agressions : exercer sous la menace ?

 

Mi-juillet 2015, un confrère est agressé au cours de sa garde du dimanche par un patient sur lequel il vient de pratiquer une extraction.

 

Aujourd'hui, il témoigne :

 

temoignage« … à plusieurs reprises, il m’a menacé physiquement et verbalement de vouloir me tuer, joignant ses menaces avec des intentions de vouloir m’étrangler. Puis s’éloignant, il est revenu vers moi toujours avec des expressions d’une violence démesurée, mais cette fois en me menaçant de son poing dirigé vers mon visage. Je peux assurer aujourd’hui, avec le recul du temps, que j’ai eu la peur de ma vie…/…Après avoir ravagé ma salle d’attente, fauteuils jetés contre les cloisons, présentoirs à revues éparpillés sur le sol, j’ai tenté, gardant toujours mon calme, de dialoguer …/… J’ai donc tout de suite téléphoné en appelant le 17 pour avoir le recours des services de police. Les gendarmes sont arrivés quelques temps après, à mon grand soulagement…/… J’ai pu mesurer le traumatisme post réactionnel après coup, car pour pouvoir finir cet après-midi de garde, j’ai demandé la présence de ma femme ainsi que d’un de mes voisins-ami pour me sécuriser. Je ne vous cache pas que le sommeil dans les jours qui suivirent, fut difficile à obtenir…/… Aujourd’hui, les choses en sont là, et si je pense être d’une nature physique et psychique solide, je n’en ai pas moins subi un traumatisme certain. Au point que je me demande, si je serai disposé à refaire une permanence de garde. Sauf si l’on met à disposition un gendarme devant ma porte ! (humour). J’ai entendu dire que des situations comme la mienne ne seraient pas anecdotiques. Après réflexion, la meilleure solution pour l’avenir, c’est que chaque hôpital, disposant d’un service d’urgence, ait un local équipé pour les urgences dentaires. Ainsi nous nous déplacerions dans ce service pour assurer notre garde dans un environnement sécurisé ».

 

Encore sous le choc de cette agression, ce confrère s’est rapproché de ses instances syndicales et ordinales. Au-delà des démarches strictement administratives, il lui a été vivement conseillé de contacter la ligne d’écoute de la CNSD pour une prise en charge par un psychologue clinicien.

Comble de l’incongruité, l’agresseur interpelé par les gendarmes menace maintenant le confrère de porter plainte pour agression par le biais d’une association !

 

Est-il aujourd’hui décemment possible de délivrer des soins de qualité sous la menace latente d’agressions autant verbales que physiques ? L’ONSCD a toujours pris en considération cette dimension de l’altération de la qualité de vie au travail des chirurgiens-dentistes libéraux isolés dans leur mission de santé publique. L’ONSCD renouvelle son appel à tous les praticiens victimes d’agressions, de déclarer systématiquement les incidents ou accidents auprès de leur Conseil départemental de l’Ordre*. Cette démarche, qui ne se substitue pas à la plainte pénale, permet la tenue de statistiques nationales en vue d’une réflexion avec les pouvoirs publics sur les meilleurs moyens d’assurer la prévention et le traitement des violences faites aux chirurgiens-dentistes, conformément au protocole d’accord passé avec les ministères concernés.

 

 

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